Sermon du Vendredi 19 Juin 2026 – 4 Muharram 1448

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Louange à Dieu, Maître des mondes. Que la prière, la paix et les bénédictions les plus pures soient sur notre maître et noble prophète, Mohammad, sur sa famille immaculée, ainsi que sur ses nobles compagnons choisis.

Que la paix soit sur toi, ô mon maître, ô Aba Abdillah ! Que la paix soit sur toi, fils bien-aimé du Messager de Dieu. Que la paix soit sur les martyrs tombés à tes côtés, et sur les âmes pures qui ont fait halte dans ton camp et qui ont lié leur destin au tien. Que la paix de Dieu soit sur vous tous, de ma part, à jamais, tant que je vivrai et que se succéderont le jour et la nuit. Que la paix soit sur Hussein, sur Ali fils de Hussein, sur les enfants de Hussein, et sur les nobles compagnons de Hussein qui ont offert l’essence même de leur âme et le sang de leur cœur pour le défendre.

Mes chères sœurs, mes chers frères, assemblés en ce jour de réflexion suprême, je vous invite à plonger avec moi dans les abysses de l’Histoire humaine et dans les sommets vertigineux de la spiritualité. Nous ne sommes pas ici pour simplement raconter le passé, car l’Histoire n’est qu’un vain récit si elle ne devient pas le miroir implacable de notre propre conscience. Je me remémore sans cesse, avec une émotion qui ne tarit jamais, les perles de sagesse intemporelles du grand poète Cheikh Abdul Hussein Al-Azri. Dans sa majestueuse élégie, sa fameuse « Lamiyya », il a su capturer, avec des mots qui transpercent les siècles, l’essence de la condition humaine. Écoutez bien ce qu’il nous murmure depuis l’au-delà : « Vis dans ton époque aussi noblement que tu le peux, et laisse aux conteurs un beau souvenir de toi… L’honneur est la mesure de la vie, et pour ta dignité, considère ta vie comme peu de chose, car elle est inestimable, sinon tu la quitteras humilié ».

Ces vers magnifiques ne sont pas qu’une simple rime ; ils posent les fondations d’une loi existentielle absolue. Le poète nous supplie de changer notre grille de lecture : l’essentiel d’une vie ne réside absolument pas dans sa longévité chronologique. Ne demandez jamais d’un grand homme « combien de temps a-t-il vécu ? », mais interrogez-vous toujours sur « comment a-t-il vécu ? ». De quoi furent remplis ses jours ? Quelles positions a-t-il prises face à l’injustice ? Car l’honneur, la droiture et le refus de l’humiliation sont les seuls véritables étalons qui mesurent la valeur d’une vie humaine.

I : L’Aube de la Création et la Première Déchirure de l’Âme

Louange éternelle à Dieu qui a couronné l’être humain par le don inestimable de la raison et du libre arbitre. Louange à Celui qui a déposé dans notre poitrine cette boussole intérieure, ce juge infaillible qu’est la conscience, et qui a formellement et irrévocablement interdit l’injustice et l’agression. C’est ce même Créateur qui a décrété l’inviolabilité absolue du sang humain, excepté dans le cadre strict de son bon droit. Le Livre Saint, dans sa majesté, fait trembler les cœurs par son avertissement terrible : quiconque tue un croyant de sang-froid, de manière délibérée et injuste, aura pour rétribution l’Enfer éternel ; la colère de Dieu s’abattra sur lui, accompagnée de Sa malédiction et d’un châtiment d’une ampleur terrifiante. Telle est la règle divine : « Ne tuez point la vie que Dieu a rendue sacrée, sauf en toute justice ».

Pourtant, mes frères et sœurs, plongeons notre regard au tout début de notre existence. Dès la toute première seconde où l’humanité a commencé à s’épanouir sur cette Terre, la première grande tragédie a frappé : le premier meurtre. Lorsque Caïn a levé sa main criminelle sur son propre frère, Abel, ce geste funeste n’était dicté par aucune fatalité. Ce premier meurtre sanglant de l’Histoire ne fut pas le résultat d’un choc entre deux armées, il n’y avait aucune guerre, aucune nation s’affrontant pour la conquête d’un territoire souverain. Ce drame fut exclusivement le fruit vénéneux d’une âme humaine malade, une âme ténébreuse qui n’avait été ni purifiée par la lumière de la piété, ni freinée par les limites de la conscience.

Analysons ensemble la psychologie terrifiante de ce premier crime. Pourquoi Caïn a-t-il tué ? Abel ne l’avait pas agressé, il n’avait levé aucune arme contre lui. La seule et unique motivation résidait dans le fait que Dieu, dans Sa justice et Sa sagesse infinies, avait accepté l’offrande pieuse d’Abel, tout en rejetant l’offrande de Caïn. Caïn, dévoré de l’intérieur par le feu de l’orgueil, et se trouvant dans l’incapacité cosmique de diriger sa rage contre le Créateur Lui-même, a dévié son immense rancœur vers son propre frère innocent. Ainsi, l’homme a commencé à tuer l’homme, non par nécessité de survie, non par contrainte, mais par pure envie, par jalousie rongeuse, et par une soif pathologique de supériorité et de domination sur l’autre.

II : La Machine de Mort : De la Haine Individuelle à la Tyrannie d’État

Cette première goutte de sang fratricide versée sur la terre vierge nous confronte à la question existentielle et perpétuelle de notre espèce : pourquoi l’être humain tue-t-il ?.

La raison humaine, éclairée par les lois divines, distingue deux catégories absolues de recours à la force mortelle. Il y a, d’une part, le recours légitime, dont le périmètre est extrêmement restreint : il se limite à la légitime défense pure. L’Islam, en accord avec la logique humaine universelle, approuve cette défense pour que la vie, les biens et la dignité ne soient pas systématiquement violés et piétinés. Celui qui tombe en repoussant courageusement un agresseur, celui qui est tué en protégeant les biens de sa famille, ou celui qui perd la vie en défendant son honneur, tous ceux-là sont lavés de leurs péchés et élevés au rang radieux de martyrs. Si nous ne repoussions pas l’agresseur, si nous courbions l’échine devant chaque tyranneau de quartier, le bafouement des droits humains deviendrait une norme banale et terrifiante dans nos sociétés. Le recours à la force pour repousser l’agression est donc une exception sacrée, destinée à protéger l’intégrité de la communauté.

Mais à l’opposé absolu de ce spectre, il y a le meurtre illégitime, l’agression sous toutes ses formes abominables. Il y a le meurtre né de la jalousie et de la haine individuelle, comme celui perpétré par Caïn. Il y a les effusions de sang collectives nées des guerres pour s’emparer de la terre, des richesses, ou menées sous le couvert cynique de la religion.

Cependant, le comble de l’horreur et de la perversité survient avec l’institutionnalisation de l’oppression étatique. Lorsque les structures tribales ou les grands États se forment, le dirigeant transforme trop souvent la puissance publique en un outil de coercition brutale. Le meurtre devient alors une affaire d’administration, une froide équation pour conserver un trône chancelant. C’est à ce moment précis que la morale s’effondre dans un gouffre sans fond. Prenons l’exemple glaçant et historique de certains califes ottomans : il était devenu institutionnel et presque banal qu’un nouveau sultan, dès la première seconde de son accession au pouvoir suprême, donne l’ordre irrévocable d’assassiner la totalité de ses propres frères. Quel était donc le crime de ces frères ? Absolument aucun. Aucune trahison, aucune rébellion. Ils étaient exécutés de manière purement préventive, par pure paranoïa, de peur qu’ils ne deviennent un jour des concurrents politiques. Le chef suprême devenait intouchable, personne n’osait critiquer publiquement ses crimes effroyables, et l’assassinat massif devenait la méthode préventive par excellence pour asseoir son autorité, étendre son influence et faire taire à l’avance tout opposant potentiel.

Dans cette mécanique infernale du pouvoir absolu, l’assassinat des Prophètes et des grands réformateurs constitue la déviance la plus dangereuse, la plus abjecte de toute l’Histoire de l’humanité. Demandez-vous sincèrement : pourquoi les élites corrompues des peuples passés ont-elles tant cherché à éliminer physiquement les envoyés de Dieu ? Le Coran, notamment dans les versets foudroyants de la sourate Yasin, nous livre le récit de ces peuples qui ont violemment rejeté les messagers, même lorsqu’ils venaient à deux ou à trois pour les exhorter au bien. Les enfants d’Israël ont traité de menteurs une grande partie des Prophètes, et en ont froidement massacré d’autres. Les Prophètes de Dieu n’ont jamais été assassinés parce qu’ils prenaient les armes en agresseurs, ni parce qu’ils menaçaient militairement les cités. Ils ont été massacrés parce qu’ils déchiraient le voile de l’illusion, parce qu’ils exposaient l’injustice hideuse au grand jour, parce qu’ils réveillaient les consciences assoupies et détruisaient méticuleusement les intérêts illégitimes et les structures financières des corrompus.

III : Les Ténèbres Sanguinaires de la Jāhiliyya et la Révolution de l’Éthique Universelle

Pour mesurer à sa juste valeur l’immensité de la réforme morale apportée par la révélation islamique, nous devons impérativement plonger nos regards dans le gouffre moral de l’Arabie préislamique, cette époque sombre que l’on nomme la Jāhiliyya (l’ère de l’ignorance). À cette époque, les tribus arabes se livraient à des guerres d’une férocité animale, des conflits qui décimaient des générations entières, pour des prétextes d’une futilité qui défie la raison humaine.

Rappelez-vous la célèbre et tragique guerre d’Al-Basous ! Quarante longues années de carnages ininterrompus, des milliers de veuves en pleurs, des milliers d’orphelins… et pour quelle raison ? Uniquement parce qu’un homme nommé Jassas a assassiné un autre homme, Kulaib, en représailles à la mort… d’une simple chamelle !. Quarante ans de feu et de sang pour un animal ! Rappelez-vous la désastreuse guerre de Dahis et Al-Ghabra, qui a embrasé la région et fait couler des fleuves de sang à cause d’une banale accusation de tricherie lors d’une course opposant deux chevaux portant ces noms !. Pensez encore à la guerre d’Al-Fijar, déclenchée par l’assassinat brutal d’un individu par son propre rival commercial, Al-Numan ibn Al-Mundhir. Ces conflits interminables ne reposaient sur aucune valeur transcendante, sur aucune morale, sur aucune quête de justice.

Et ne nous berçons pas d’illusions, mes frères, l’Islam n’a pas encore totalement réussi à purger l’âme de nos sociétés contemporaines de cette soif de vendetta tribale primitive et destructrice. Récemment encore, en Jordanie, l’inimaginable s’est produit. Un homme a vu son chien être abattu par un inconnu. Le coupable s’étant enfui dans la nature, qu’a fait le propriétaire du chien pour assouvir sa vengeance aveugle ? A-t-il porté plainte ? A-t-il fait appel à la justice ? Non ! Il a cherché un membre éloigné de la tribu du fuyard – un homme totalement innocent, qui ignorait tout de cette sordide affaire – et il l’a assassiné de sang-froid, uniquement pour compenser la mort de son animal !.

Le problème fondamental et toxique de la morale tribale est qu’elle est géographiquement et génétiquement cloisonnée. Un individu pouvait se montrer d’une immense bonté, d’une générosité légendaire envers les membres de son propre clan, de son propre sang, et simultanément se comporter en véritable prédateur sanguinaire, sans foi ni loi, envers les tribus voisines et le reste de l’humanité. L’éthique s’arrêtait aux portes de la tente familiale.

C’est précisément dans cette nuit spirituelle profonde, dans ce cloaque de violence et d’ignorance, qu’a jailli la lumière éclatante de l’Islam. Le noble Prophète Mohammad n’a jamais déclenché de guerres par soif de répandre le sang, ni pour étendre un empire temporel. Les batailles de l’Islam naissant étaient, dans leur écrasante majorité, strictement défensives. N’oublions jamais que le Messager de Dieu a dû fuir clandestinement sa ville natale, La Mecque, après avoir échappé miraculeusement à une tentative d’assassinat concertée. Il fuyait une société oppressante qui lui interdisait par la force brute de pratiquer sa religion, et qui persécutait, torturait et assassinait ses fidèles. Les conflits qu’il a dû mener visaient un objectif suprême et salutaire : repousser l’agresseur meurtrier, limiter le chaos environnant et instaurer un système juste garantissant la fin de l’oppression. L’immense révolution métaphysique et sociale de l’Islam a été de détruire l’éthique tribale confinée pour instaurer une éthique mondiale, une morale universelle, où les lois, la justice et la compassion s’appliquent à chaque être humain de manière égale, qu’il appartienne ou non à notre tribu, à notre race ou à notre nation.

IV : La Grande Déviation et la Prise en Otage de la Révélation

Cependant, mes frères, cette trajectoire sublime, cette ascension vers la justice universelle a été violemment heurtée et tragiquement déviée de son cours. Après le douloureux décès du Prophète bien-aimé, la nation islamique a été secouée par des bouleversements d’une gravité inouïe. Certes, les grandes conquêtes territoriales qui ont suivi comportaient des aspects positifs, mais elles ont très vite servi de prétexte à des monarques et des califes qui conquéraient de nouvelles terres au nom de l’Islam, tout en commettant des atrocités indicibles et en bafouant totalement les principes moraux de la foi qu’ils prétendaient pourtant exporter et représenter.

L’origine funeste de tous ces désastres politiques, sociaux et spirituels fut la marginalisation délibérée des Ahl al-Bayt (la sainte famille du Prophète), et la négligence volontaire, froide et calculée, de ses recommandations prophétiques. Le pouvoir politique suprême fut confisqué, dans un premier temps, par deux individus qui devaient pourtant servir comme de simples soldats de rang dans l’armée expéditionnaire d’Usama. Ces hommes avaient directement et ouvertement désobéi à l’ordre formel du Prophète d’intégrer cette expédition, s’exposant même aux malédictions prophétiques prononcées contre ceux qui refuseraient de s’enrôler dans cette armée. Et pourtant, ils s’emparèrent de la gouvernance suprême.

Mais au-delà de cette mise à l’écart inique de l’Imam Ali – car il faut savoir que celui qui écarte de la gouvernance une personne qui lui est supérieure est moralement et historiquement responsable de toutes les erreurs et de tous les crimes qui découleront de sa gestion – le véritable fléau, le poison mortel injecté dans les veines de la nation, fut la méthode employée pour asseoir et consolider ce nouveau pouvoir.

Pour s’imposer face aux récalcitrants, les nouveaux dirigeants firent massivement appel à ce que l’Histoire désigne sous le nom de Tulaqa (les affranchis). Qui étaient donc ces hommes ? Il s’agissait de la majorité écrasante de l’aristocratie corrompue de Quraysh, et de tribus hostiles comme Thaqif et Sulaym. Ce sont exactement ces mêmes hommes qui avaient combattu l’Islam avec le plus grand acharnement pendant des décennies. Ce sont eux qui n’avaient prononcé l’attestation de foi, après la victoire écrasante des musulmans à La Mecque, qu’à contrecœur, uniquement par peur terrifiante des représailles et pour sauver leurs têtes de la lame de l’épée. Ce sont ces hommes que le Coran dénonce sans détour lorsqu’il pointe du doigt les hypocrites parmi les bédouins de la péninsule.

Comment ont-ils assis leur prétendue légitimité ? L’histoire documente avec effroi que 4 000 à 5 000 combattants d’une férocité redoutable, appartenant à la tribu d’Aslam, ont envahi brutalement les ruelles paisibles de Médine. Ils ont instauré un climat de terreur militaire, de coercition absolue, pour forcer physiquement, sous la menace des armes, les habitants de la ville à prêter allégeance à Abu Bakr au sein même de la sainte mosquée du Prophète !. Un chef d’État s’est même vanté plus tard en déclarant : « Lorsque la tribu d’Aslam est arrivée, nous avons été certains de la victoire ».

Le résultat de cette politique d’intimidation fut une abomination théologique totale : ces anciens ennemis jurés de la religion, ces hommes à la foi superficielle et intéressée, se sont soudainement retrouvés hissés au rang de partenaires intimes du pouvoir, puis nommés gouverneurs des plus vastes et riches provinces de l’empire. Installés aux commandes de la machine étatique, ils ont méthodiquement et cyniquement corrompu la mentalité et l’âme spirituelle des peuples soumis. Petit à petit, dans l’ombre des palais, ils se sont vengés de l’Islam en utilisant le nom, l’épée et les richesses de l’Islam lui-même !

Cette alliance néfaste, profondément imprégnée de la mentalité tribale préislamique, s’est ensuite retournée avec une violence inouïe contre le califat légitime de l’Imam Ali lors des tragiques guerres civiles du Chameau et de Siffin. Ces forces réactionnaires ont arraché la dimension purement spirituelle et guidante du Califat pour le transformer en un « Mulk Adoud », une monarchie dynastique despotique, cruelle et mordante. Ce système tyrannique n’a été ébranlé que bien plus tard dans l’Histoire, lorsque les Abbassides se sont adroitement alliés aux forces perses puis aux Turcs pour briser définitivement cette redoutable coalition de la Jāhiliyya. Comprenez-le bien : C’est exactement cette succession ininterrompue de déviations morales, de confiscations et de trahisons qui a pavé et goudronné la route ensanglantée menant tout droit au désastre de Karbala et au massacre inqualifiable du Maître des Martyrs.

V : Karbala, ou le Choc Cosmique de Deux Conceptions de l’Homme

Il est d’une importance capitale, vitale même, de comprendre que Karbala ne fut en aucun cas une querelle politique mesquine, un simple fait divers de l’Histoire islamique pour savoir qui allait s’asseoir sur un trône de bois et d’or. Karbala fut un séisme cosmique, l’affrontement frontal, brutal et définitif de deux visions ontologiques diamétralement opposées de la nature et du destin de l’être humain.

D’un côté, nous trouvions la vision ténébreuse des Omeyyades. Pour Muawiyah et ses tristes successeurs, l’être humain n’avait aucune sacralité intrinsèque ; le citoyen n’était qu’un rouage, un outil jetable servant uniquement à assouvir leur passion tyrannique de la domination et de la richesse. Muawiyah l’a lui-même cyniquement et publiquement proclamé devant la foule ébahie des musulmans : « Par Dieu, je ne vous ai pas combattus pour que vous priiez, pour que vous jeûniez ou pour que vous accomplissiez le pèlerinage… Je vous ai combattus uniquement pour m’imposer comme votre maître absolu, et Dieu m’a donné le pouvoir sur vous ! ». L’effronterie de la tyrannie à l’état pur ! Il a même osé déclarer publiquement, sans la moindre honte, que tous les traités de paix sacrés qu’il avait signés et jurés avec l’Imam Hasan n’étaient pour lui que de la poussière qu’il foulait allègrement de ses pieds.

De l’autre côté du champ de bataille métaphysique se dressait la majesté, la lumière et la pureté de la vision de l’Imam Hussein et de ses nobles partisans. Pour l’Imam Hussein, l’élévation, la droiture morale et le salut de l’être humain sont le but ultime, suprême et sacré de la Création divine. Dans cette perspective prophétique, le pouvoir de gouverner n’est jamais un butin de guerre, il n’est jamais une récompense personnelle, mais une écrasante et terrifiante responsabilité devant Dieu et devant la conscience. Cette vision lumineuse est directement tirée des injonctions du Coran, notamment lorsque Dieu avertit solennellement Son prophète David : « Ô David, Nous avons fait de toi un calife sur Terre, juge donc entre les gens avec la vérité et la justice, et ne suis pas tes propres passions, car elles t’égareraient du chemin de Dieu. Ceux qui s’égarent auront un châtiment terrible pour avoir oublié le Jour du Jugement ».

Les dictateurs de ce monde, enivrés par les louanges de leurs courtisans et l’étendue de leurs armées, oublient inévitablement et tragiquement l’heure implacable du Jugement dernier. Contemplez avec effroi le sort de Harun al-Rashid, l’un des hommes les plus puissants, les plus craints de toute l’Histoire. Sur son lit de mort, étouffant, voyant son vaste empire s’évanouir comme une brume matinale, constatant l’incapacité totale de ses immenses armées à repousser l’Ange de la Mort d’une seule seconde, que lui est-il resté ? Rien. Il ne lui est resté que les larmes du désespoir et la récitation de ces versets terrifiants du Coran : « Ma fortune ne m’a servi à rien, mon autorité est détruite et m’a quitté ». La sentence divine qui l’attendait alors, comme l’annonce le Livre, est sans appel et foudroyante : « Saisissez-le et enchaînez-le, puis précipitez-le dans la Fournaise ». Souvenez-vous d’un autre calife des premiers temps de l’Islam, qui, confronté au bilan macabre de sa vie, n’avait plus d’autre espérance que celle misérable des damnés : « Ah, si seulement j’étais poussière ! ».

C’est contre cette conception démoniaque du pouvoir que l’Imam Hussein s’est levé. Il s’est levé pour s’opposer catégoriquement à la légitimation religieuse et historique d’une telle oppression. Son but avoué n’était pas de ceindre une couronne terrestre éphémère, mais la demande pressante, vitale, de réformes profondes au sein de la nation dévoyée de son grand-père. Il voulait redéfinir la valeur inestimable de l’humain face à la violence d’État, prolongeant et parachevant ainsi très exactement les combats historiques et acharnés de tous les Prophètes qui l’avaient précédé.

VI : L’Ingénierie du Miracle Spirituel : Femmes, Enfants et l’Élite de la Conscience

Ce qui confère au drame de Karbala son caractère absolument unique dans l’histoire universelle, ce qui le rend impossible à reproduire, c’est tout d’abord la disproportion ahurissante, irréelle, des forces en présence. D’un côté, une infime poignée d’hommes, isolés dans le désert ; de l’autre, des dizaines de milliers de soldats professionnels, lourdement armés et assoiffés de sang. Mais cette faiblesse numérique écrasante était pulvérisée, annihilée par l’infinie puissance de leurs principes moraux. Les vaillants compagnons de Hussein n’étaient pas des recrues naïves, ni de jeunes exaltés ignorants de l’art de la guerre ; c’étaient des hommes matures, d’anciens combattants chevronnés dotés d’une spiritualité d’élite, de véritables officiers supérieurs de la foi.

Et comment pourrions-nous aborder Karbala sans frémir de toutes nos fibres devant la présence volontaire des femmes et des enfants de la Maison prophétique sur ce champ de bataille ?. Pourquoi, me demanderez-vous avec effroi, l’Imam Hussein a-t-il consciemment conduit sa propre famille vers un carnage certain ?. Il l’a fait par une nécessité historique, stratégique et spirituelle absolue : pour que la preuve contre les Omeyyades soit totale, accablante, et sans le moindre appel possible. En laissant la machine de mort de la tyrannie massacrer des nourrissons aux lèvres desséchées par la soif, et traîner en cruelle captivité les propres filles du Messager de Dieu, l’Imam Hussein a poussé l’audace de la cruauté omeyyade à s’exposer à son paroxysme. L’objectif métaphysique ? Frapper comme un coup de tonnerre divin le cœur et la conscience d’une nation qui s’était lentement laissée mourir de l’intérieur, engourdie par la peur et la corruption.

À Karbala, le sang versé a transcendé la physiologie. Il a cessé d’être un simple liquide vital s’écoulant sur le sable brûlant pour se métamorphoser en un message fulgurant, un questionnement brûlant et éternel adressé à chaque être humain : Que reste-t-il de l’humain si la justice disparaît ? Que reste-t-il de notre âme si la société coupe définitivement son lien avec le Divin, et si la corruption absolue devient la seule loi tolérée ?.

Penchons-nous à présent avec une révérence infinie sur l’extraordinaire choix des compagnons de l’Imam. L’histoire de l’humanité est saturée d’hommes qui meurent à la guerre par contrainte, par erreur ou pour un butin. Mais il est infiniment, désespérément rare de voir des hommes choisir consciemment et délibérément la mort, en toute lucidité, d’embrasser le martyre alors qu’ils ont absolument toutes les possibilités matérielles et physiques de survivre en s’enfuyant.

Comprenez le vice inhérent des oppresseurs : ils ont pour passion destructrice de renverser la pyramide sociale saine fixée par la sagesse de l’Islam. La véritable religion de Dieu élève ceux qui détiennent le vrai savoir, ceux qui se parent de la vertu, de la piété et du courage suprême du combat pour le bien (le véritable Jihad). Comme le dit le Seigneur : « Ceux qui savent et ceux qui ne savent pas sont-ils égaux ? », et « Dieu a élevé les combattants au-dessus de ceux qui restent immobiles ». Mais le despote corrompu hait cette justice. Il abaisse méthodiquement les gens nobles, il persécute les érudits et les véridiques, et il hisse au sommet du pouvoir, à sa propre table, les ignares, les dépravés, les menteurs et les opportunistes, uniquement pour servir ses propres intérêts terrestres immédiats. Ce faisant, il choisit sciemment, délibérément, sa propre damnation dans la vie éternelle.

Les exceptionnels compagnons de Hussein ont dit un « NON » retentissant, payé de leur propre sang, à cette perversion sociale démoniaque. L’Imam Hussein, dans son intégrité absolue, ne les a pas trompés par des discours démagogiques ou des illusions. Il ne leur a promis aucune victoire militaire imminente, l’arrivée d’aucun renfort miraculeux, aucun butin, aucun ministère dans un futur gouvernement. À la veille du drame tragique, dans le calme pesant du désert, il leur a tenu le discours le plus bouleversant de vérité de l’Histoire : « Ces hommes ne veulent que ma propre personne. La nuit vous recouvre de son voile protecteur, profitez de ses ténèbres épaisses pour vous échapper discrètement et sauver vos vies ». Il les a même déliés de leur serment d’allégeance !.

Tous les motifs profanes, toutes les raisons mondaines de rester à ses côtés s’étaient instantanément évanouis. Mais ils sont restés ! Ils se sont agrippés à lui ! Pourquoi ? Parce qu’ils possédaient une connaissance immensément supérieure. Ce savoir spirituel profond et lumineux que Dieu n’accorde qu’à celui qui agit en parfaite harmonie avec ses principes. Ils savaient très exactement que le massacre, le démembrement par les épées et les lances les attendaient dès le lendemain matin à la première lueur de l’aube, mais leur âme sublime ne pouvait tout simplement pas tolérer que le principe de justice soit assassiné sous leurs yeux. Leur boussole n’était ni la peur de la mort, ni la cupidité du monde, mais exclusivement la recherche extatique de l’agrément divin, et l’appel assourdissant de leur propre conscience. Ils furent, dans le sens le plus majestueux du terme, des témoins absolus de la vérité. Et un vrai témoin ne falsifie jamais son témoignage sous prétexte que la majorité de la société l’opprime, ou que le sabre tranchant de l’État menace de s’abattre sur sa nuque. La véritable, l’indépassable grandeur de ces hommes ne se situe pas dans le maniement adroit de l’épée, mais dans l’immensité incommensurable des valeurs éthiques qu’ils ont su sauvegarder pour les générations futures.

VII : Le Fléau Destructeur du Silence Complice et le Jugement Implacable de l’Histoire

Mes chers frères, mes chères sœurs, nous touchons ici au cœur de la tragédie permanente et répétitive de l’humanité. Beaucoup croient, à tort et par illusion d’optique, que les oppresseurs sont intrinsèquement et naturellement forts. C’est un immense mensonge ! Les tyrans, en eux-mêmes, sont faibles. Ils ne tirent leur redoutable et destructrice puissance que de ceux qui les aident activement à accomplir leurs basses œuvres, et, de manière encore plus décisive, de l’immense majorité de la population qui choisit lâchement de se taire en détournant le regard. La sainte tradition prophétique nous met en garde avec une sévérité qui devrait nous empêcher de dormir : « Celui qui se tait face à la vérité est un diable muet ».

Regardez l’opportunisme ambiant qui ronge nos époques. Tant d’individus, prétendument honnêtes, apprennent jour après jour à s’accommoder de la réalité de l’injustice. Ils s’efforcent d’apaiser artificiellement leur conscience en revoyant constamment à la baisse le niveau de leurs principes moraux, justifiant l’inacceptable pour sauver leurs petits intérêts et leur confort dérisoire.

Mais le stade le plus abject, le sommet himalayen de cette hypocrisie morbide se trouve hélas chez certains clercs, chez certains prétendus « savants » religieux. Ces hommes connaissent intimement et parfaitement la vérité textuelle et historique. Pourtant, terrifiés à l’idée de subir la colère fulgurante du dirigeant, de perdre leurs chaires, d’affronter la prison ou les coups de fouet, ils s’inventent d’incroyables échappatoires. Ils ont poussé le vice, la perversion intellectuelle, jusqu’à inventer de toutes pièces une prétendue obligation religieuse d’obéir aveuglément à un dirigeant injuste et cruel !. Ils ont l’audace blasphématoire de prétendre que le Seigneur des Mondes a rendu obligatoire la soumission au tyran. Réalisez-vous l’énormité du blasphème ? Puisque le dirigeant injuste agit sur terre avec la cruauté et l’arrogance de Satan, ces clercs corrompus accusent indirectement le Dieu Tout-Puissant de nous ordonner de nous soumettre à Satan !. Et tout cela, uniquement pour fournir des prétextes misérables à leur propre lâcheté et apaiser leur conscience rongée par la compromission.

Face à cela, le courage des fidèles compagnons de l’Imam Hussein nous éclaire d’une lumière aveuglante. Eux aussi, s’ils l’avaient voulu, avaient le bagage intellectuel pour inventer mille excuses politiques ou mille subtilités théologiques afin d’abandonner le champ de bataille et de retourner paisiblement dans leurs foyers. Mais ils ont formellement, viscéralement refusé de gagner quelques misérables années d’existence physique illusoire en vendant leur âme éternelle au diable.

C’est très exactement pour cette raison que la seule évocation du nom de Karbala provoque un tel malaise profond à travers les siècles. Karbala nous poursuit. Karbala nous questionne sans le moindre relâche, chaque jour, à chaque époque. Karbala ne nous laisse aucune zone de confort. Karbala est un miroir d’une pureté absolue tendu vers nos visages imparfaits, qui nous apostrophe avec fermeté : « Qu’aurais-tu fait, toi, en cette nuit tragique ? Aurais-tu trouvé une excuse pour fuir ? Et surtout, aujourd’hui, à notre époque, face aux épreuves immenses et aux injustices rampantes de notre monde contemporain, que fais-tu et de quel côté te situes-tu ? ».

VIII: La Soif Cosmique d’une Nation et l’Édifice Éternel Construit par les Ahl al-Bayt

L’Imam Hussein a rendu l’âme martyrisé, le corps criblé de flèches, alors que ses lèvres bénies étaient affreusement craquelées par la soif de trois jours sous le soleil de plomb du désert. C’est une blessure qui arrache des larmes de sang à nos cœurs. Mais comprenez que cette soif, qui brûlait les entrailles du Maître des Martyrs, dépassait de très loin le simple besoin physiologique et biologique d’eau. C’était la soif ardente d’une nation tout entière qui agonisait sous le joug de l’oppression et qui réclamait à cor et à cri l’eau pure de la justice !. C’était la soif de la conscience universelle, étouffant sous le mensonge, et aspirant désespérément à l’instauration d’un règne de vérité, de probité et de moralité exemplaire.

Revenons alors, avec une compréhension nouvelle, au poème fondateur d’Al-Azri : « Ne demande pas combien de temps il a vécu, demande-toi comment il a vécu ». Caïn a vécu de très longues décennies après avoir enterré de ses propres mains le cadavre sanglant de son frère Abel. Mais fut-ce réellement une vie ? Ce ne fut qu’une longue agonie psychologique, une existence dévorée par les remords cuisants, la paranoïa et la honte éternelle. Fouillez avec attention les chroniques historiques de toutes les nations, lisez et observez attentivement les derniers jours sur terre des grands tyrans. Vous n’y trouverez jamais la sérénité ou la paix, mais seulement un désespoir infini, l’amertume absolue et la ruine inévitable.

L’Imam Hussein, lui, a eu sa vie terrestre brutalement, sauvagement interrompue dans la fleur de l’âge. Et pourtant, il a vécu ! Il a vécu une vie d’une densité incalculable, et il vit encore aujourd’hui dans le cœur de millions de croyants, avec une intensité, une gloire et une puissance que ne connaîtront jamais, au grand jamais, ceux qui l’ont lâchement abattu.

Son martyre monumental ne fut pas un acte isolé, il a été la clé de voûte de l’immense œuvre divine menée par les Ahl al-Bayt (la famille du Prophète). Il faut percevoir l’harmonie de leur plan divin : chaque Imam a posé une brique irremplaçable à cet édifice spirituel et politique. L’Imam Ali a été le roc fondateur, l’étalon pur de la justice absolue, la référence inaltérable à laquelle l’Histoire a pu mesurer, par effet de contraste cruel, le désastre politique, éthique et social de tous les califes qui l’ont suivi ou précédé. L’Imam Hasan, à travers la douleur indicible de son traité de paix stratégique, a fait l’impossible : il a arraché en pleine lumière le masque hypocrite de fausse piété qui couvrait le visage de Muawiyah, exposant sa traîtrise hideuse et son cynisme au monde entier, une vérité que beaucoup n’auraient jamais perçue sans ce traité. L’Imam Hussein, par l’offrande suprême, cosmique, de son sang pur et de celui de ses proches, a définitivement, irrévocablement détruit toute prétention de légitimité religieuse ou morale au sein du pouvoir oppressif omeyyade. Et les saints Imams de sa noble descendance ont pris le relais de cette lutte éternelle. Ils ont poursuivi ce travail titanesque dans l’ombre, reconstruisant patiemment, brique par brique, l’Islam authentique, l’Islam pur de Mohammad, pour l’opposer frontalement à « l’Islam déformé et perverti des affranchis ». Ils ont fortifié la religion véritable sur le plan de la dogmatique et de la théologie (Aqida), ils ont structuré et protégé sa jurisprudence (Fiqh) contre les innovations des tyrans, et ils ont nourri l’âme assoiffée des croyants par la puissance inouïe, thérapeutique et élévatrice de leurs invocations spirituelles (Du’a).

La Justice Inébranlable comme Ultime et Seul Remède face au Sang

Mes frères et sœurs bien-aimés, alors que notre réflexion s’approche de son terme, le constat historique est lourd : de la toute première goutte de sang innocent versée avec effroi par le fils d’Adam, jusqu’aux flots pourpres majestueux qui ont irrigué à jamais la sainte terre de Karbala, la tragédie de l’homme et de sa violence se répète implacablement.

La grande question demeure : L’humanité parviendra-t-elle un jour à s’extirper de ce bourbier, de ce cycle de violence mortifère ?. Nous savons, avec le réalisme de la foi, que l’instinct de meurtre ne sera probablement jamais totalement aboli sur cette terre, car l’âme humaine abrite en elle de sombres penchants, des failles qui incitent obstinément au mal. Mais nous savons aussi, de source sûre, d’une certitude absolue ancrée dans les promesses divines, que la fréquence du meurtre, l’ampleur des massacres chuteront drastiquement le jour où la justice globale prévaudra enfin, le jour où les consciences endormies s’éveilleront véritablement, et le jour où un partage équitable des richesses mettra fin au besoin criant et à la famine qui poussent souvent au désespoir.

Aujourd’hui, l’art macabre de tuer a pris des proportions apocalyptiques. L’évolution de l’horreur est fulgurante : du meurtre individuel à mains nues ou à coups de pierre de l’ère primitive, nous sommes tragiquement passés aux massacres de masse. Des escarmouches tribales localisées, nous avons glissé vers l’ère des génocides froids, industriels et collectifs. Aujourd’hui, des conflits sont orchestrés par des États surpuissants usant d’armes de destruction massive capables de raser des villes entières en une fraction de seconde. Mais ne vous y trompez pas : au-delà de la terrifiante sophistication technologique de l’arme moderne, la victime reste inexorablement et tragiquement la même. C’est toujours, toujours le corps sacré et l’âme divine de l’être humain que l’on mutile, que l’on broie et que l’on profane !.

Entre l’agression cruelle qui détruit le monde et la défense légitime qui le protège, se joue toute la frontière entre la mort absolue et la préservation de la vie, ainsi que le Coran le proclame dans sa sagesse infinie : « Il y a pour vous dans le talion une préservation de la vie, ô doués d’intelligence ». C’est pourquoi je vous le déclare solennellement aujourd’hui, avec la force de toutes les leçons de l’Histoire : la société humaine ne tiendra jamais debout sur des fondations faites de crânes et de sang versé, mais uniquement, exclusivement, par l’instauration inébranlable de l’équité, de la miséricorde et de la justice.

En cet instant de recueillement profond, en union de cœur avec tous ceux qui chérissent la vérité, je lève humblement les mains vers le Trône du Seigneur des Cieux et de la Terre, et je L’invoque de tout mon cœur, de toute mon âme.

Ô notre Dieu, Créateur de toute chose, compte-nous parmi Tes serviteurs fidèles qui sacralisent la vie, qui protègent jalousement le sang humain et qui érigent les piliers inébranlables de la justice partout où ils en ont la moindre once de pouvoir. Accorde-nous la force, la patience et la droiture de nous tenir inébranlablement aux côtés du droit, de la vérité, où qu’elle se trouve, et de repousser la tyrannie, le mensonge et la corruption par tous les moyens légitimes et nobles à notre disposition. Ô mon Dieu, lave nos poitrines des souillures de ce monde et purifie nos âmes. Ne laisse jamais germer en nous la moindre haine, la moindre rancune, la moindre jalousie perfide envers ceux qui ont la foi, ni envers les milliers d’âmes bonnes, simples et innocentes qui peuplent ce vaste monde. Fais en sorte, par Ta puissance infinie, que les complots obscurs et sanguinaires tissés par les tyrans, les oppresseurs et les agresseurs de toute époque se retournent inexorablement contre eux-mêmes. Accorde Ta victoire éclatante à ceux qui luttent vaillamment dans Ton sentier, ô Toi qui entends, qui vois et qui exauces les supplications des cœurs brisés.

Que les prières de Dieu, Sa miséricorde parfumée et Ses bénédictions infinies enveloppent éternellement notre maître, le sceau des Prophètes, Mohammad, ainsi que sa famille pure, sainte et immaculée. Que la paix soit éternellement sur Hussein, sur Ali le fils de Hussein, sur les chers enfants de Hussein et sur ces nobles et gigantesques compagnons qui, par le don inconditionnel de leur vie, ont racheté l’honneur de la création entière. Que le Très-Haut m’accorde, ainsi qu’à vous tous ici présents et à ceux qui nous écouteront, une récompense incommensurable en commémoration de ce drame absolu, de cette tragédie sublime qui a fait trembler le Trône divin.

Que la paix, la miséricorde infinie de Dieu et Ses plus nobles bénédictions soient sur vous tous, aujourd’hui et à jamais.


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