Sermon du Jeudi 2 Juillet 2026 – 17 Muharram 1448

Que la paix, la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions soient sur vous tous.

Mes chers frères et sœurs, comme nous en avons pris la noble habitude depuis les premiers jours de ce mois sacré de Muharram, nous allons poursuivre ce soir notre voyage spirituel et intellectuel avec la même méthodologie. Notre démarche est claire : à chaque rencontre, jusqu’à la commémoration de l’Arbaeen, nous choisissons avec soin une phrase, une déclaration issue des innombrables et riches sermons prononcés par l’Imam Hussein, afin d’en extraire un thème central et de le mettre en lumière pour notre époque. Si nous devions analyser de manière exhaustive l’ensemble de ses paroles, il nous faudrait consacrer un temps infini à chaque phrase, car chacune regorge de leçons qui nécessiteraient des volumes entiers d’explications.

C’est pourquoi, pour cette nuit, j’ai choisi de m’arrêter et de méditer profondément avec vous sur une parole immortelle de l’Imam Hussein, une déclaration d’une puissance inouïe où il affirme : « Je suis clairvoyant dans ma religion, ma voie m’est apparue au grand jour ». Ce sujet précis, mes frères, touche à l’une des questions les plus vitales et les plus cruciales de toute notre histoire humaine et spirituelle : la quête absolue de la clairvoyance, ce que nous nommons en arabe la « Bassira ». Nous entendons constamment parler de la nécessité de l’éveil, de l’importance de cette fameuse Bassira, mais il est de notre devoir de définir rigoureusement ce concept, d’en explorer les profondeurs et de comprendre comment il doit transformer nos vies.

1. La Définition Fondamentale : La Bassira face à la Jahala

Pour véritablement saisir la grandeur de la clairvoyance, il faut d’abord regarder son contraire absolu. Dans la langue et dans l’esprit, la Bassira s’oppose frontalement à la Jahala, c’est-à-dire l’ignorance. Tout positionnement que vous prenez, toute conclusion à laquelle vous aboutissez, ou toute décision qui est bâtie sur un manque de savoir et sur l’ignorance est qualifiée de Jahala.

Laissez-moi vous donner un exemple coranique limpide. Le Livre Saint nous avertit : « Si un transgresseur vous apporte une nouvelle, voyez clair [vérifiez-la] ». Pourquoi cette injonction divine à la vérification ? Le verset nous donne la réponse : « de crainte que par ignorance [Jahala] vous ne portiez atteinte à des gens ». Prendre une position basée sur l’inconnu, bâtir un jugement sur le vide, c’est cela la Jahala.

À l’inverse, la Bassira est une position inébranlable, fondée sur des certitudes absolues, sur des bases scientifiques solides et sur des principes rigoureux. La clairvoyance n’est pas une simple « opinion » que l’on jette au gré du vent. Malheureusement, il est tragique de constater qu’aujourd’hui encore, de nombreuses personnes traitent les enseignements de nos Imams Infaillibles, ou les jugements de la jurisprudence islamique, comme de banales opinions subjectives. Face à une fatwa émise par un grand savant, certains vont rétorquer avec légèreté : « Oui, c’est ce que dit la fatwa, mais mes coutumes et mes habitudes sont différentes ». Imaginez un instant ! Ils pensent pouvoir mesurer des édifices juridiques et des jugements théologiques complexes à l’aune de leurs simples impressions personnelles. C’est exactement cela, le manque de Bassira.

2. L’Injonction Divine : Ne Soyez Pas des Suiveurs Aveugles

Le Saint Coran ordonne au Prophète de proclamer cette réalité fondamentale : « Dis : Voici ma voie, j’appelle à Allah avec clairvoyance (Bassira) ». Mais le verset ne s’arrête pas au Prophète, et c’est ici que se trouve le cœur de notre défi. Le verset ajoute une condition existentielle pour nous tous : « moi et ceux qui me suivent ».

Comprenez-vous la profondeur de cette exigence ? L’Islam ne veut pas de suiveurs aveugles. Tout comme le Prophète doit posséder la clairvoyance, l’injonction divine exige que ses partisans, que nous tous, soyons également armés de cette même Bassira. Nous ne sommes pas appelés à marcher derrière le Prophète ou l’Imam comme des ombres privées de raison, comme des aveugles. Si un guide spirituel ou un Imam me donne une directive et que je m’y plie sans posséder la connaissance nécessaire pour défendre ce choix, sans avoir la certitude pour argumenter face aux opposants, à quoi sers-je ? Si les Musulmans ne sont que des exécutants incapables de débattre et de défendre intellectuellement leurs valeurs, notre communauté sera paralysée et incapable d’accomplir sa mission.

3. L’Arme Fatale des Tyrans : L’Aveuglement des Masses

Je vous le dis en toute franchise : la réalité qui nous entoure aujourd’hui, et celle qui a traversé les siècles, est une immense entreprise de destruction de notre lucidité. Historiquement, sur quoi les despotes ont-ils toujours misé ?

Souvenez-vous de l’infâme Amr ibn al-Aas lorsqu’il a ordonné, dans un moment critique, de hisser les pages du Saint Coran à la pointe des lances de ses soldats. Quel était son but stratégique ? Il avait fait un pari diabolique mais calculé. Il a parié sur l’épuisement psychologique des combattants, mais surtout, il a parié sur leur absence totale de clairvoyance. Il savait pertinemment que cette masse de gens ne ferait plus la distinction entre l’Imam Ali, qui était le Coran « parlant » vivant parmi eux, et les simples feuillets d’encre et de papier brandis sur des lances. Le résultat ? Ces gens ont été trompés au point d’accuser l’Imam Ali, la incarnation de la révélation, de s’opposer au Livre de Dieu !.

Regardez l’ignoble Ubayd Allah ibn Ziyad, face à la foule après le massacre. Il a osé proclamer devant le monde que l’Imam Hussein avait été tué par l’épée de son propre grand-père, le Prophète !. Sur quoi s’appuyait-il pour proférer un tel mensonge ? Sur rien d’autre que l’ignorance abyssale des gens de son époque.

C’est la raison pour laquelle la magnifique et poignante Ziyarat de l’Arbaeen résume l’objectif ultime, le but suprême du martyre de l’Imam Hussein à Karbala, par ces mots bouleversants adressés à Dieu : « Il a sacrifié son sang pour Toi, afin de sauver Tes serviteurs de l’ignorance (Jahala) et de la perplexité de l’égarement ». Les savants qui ont médité sur ce texte nous disent que c’est là le plus grand objectif de Karbala. Car, pour un gouvernant tyrannique et oppressif, il n’y a pas de trésor plus inestimable, pas de confort plus grand, qu’un peuple ignorant et crédule, dépourvu de conscience, que l’on peut manipuler et tromper avec deux mots jetés en l’air. À l’inverse, une nation qui possède une véritable conscience et une puissante Bassira est une forteresse imprenable ; il est rigoureusement impossible à quiconque, quelle que soit son habileté, de la tromper ou de lui faire accepter des illusions.

4. Le Grand Filtrage : Pourquoi les Rangues se Vident Face aux Grandes Épreuves

Cette clairvoyance explique un phénomène sociologique et spirituel que j’ai déjà souligné par le passé : plus un défi est titanesque, plus le nombre de partisans s’effondre.

C’est une loi de la nature humaine. Face à un petit défi, un obstacle simple qui ne coûte rien, tout le monde est d’accord pour vous suivre, tout le monde vous soutient. Mais lorsque le défi devient monumental, lorsqu’il exige des sacrifices immenses, de la destruction, du sang, des blessures, l’exil et des pertes incalculables, vous voyez les rangs se clairsemer de façon dramatique. Pourquoi ? Parce qu’affronter une telle épreuve et accepter de tels sacrifices requiert un niveau stratosphérique de conscience et de Bassira pour en comprendre la nécessité et les véritables enjeux. Ce n’est pas donné à tout le monde de comprendre ce qui se joue.

Je vous le répète, le drame de Karbala en est la preuve éclatante. Même aujourd’hui, 1400 ans après cette tragédie, il y a encore des gens qui viennent discuter et contester les choix de l’Imam Hussein. Ils disent : « Mais pourquoi a-t-il fait cela ? Pourquoi s’est-il sacrifié de cette façon ? ». Jusqu’à ce jour, le sacrifice de Hussein n’est toujours pas assimilé par certains, tout simplement parce qu’ils souffrent de cette terrible absence de clairvoyance.

5. Le Témoignage Historique de l’Ennemi

Pour comprendre la nature de cette Bassira, il suffit parfois d’écouter les aveux de l’ennemi. Amr ibn al-Hajjaj, l’un des plus hauts commandants de l’armée ténébreuse de Umar ibn Sa’ad, a dû faire face à la poignée de fidèles de l’Imam Hussein. Lorsqu’il s’est adressé à ses propres troupes pour décrire l’adversaire, il n’a pas utilisé une multitude d’adjectifs. Il n’a pas dit qu’ils étaient des croyants, des dévots ou des ascètes, bien qu’ils fussent tout cela. Il a hurlé à ses soldats : « Vous combattez les gens de la clairvoyance (Ahl al-Basa’ir) et des hommes prêts à mourir ! ».

Il a résumé leur essence en deux qualités fondamentales. « Ahl al-Basa’ir » signifiait qu’ils possédaient une lucidité telle qu’il était absolument impossible de les faire changer d’avis ; ils voyaient avec une clarté totale l’ampleur de l’épreuve divine dans laquelle ils étaient engagés. « Prêts à mourir » soulignait leur courage illimité face au martyre. Or, le courage guerrier pur pouvait, en théorie, se retrouver dans les deux camps. Mais si l’on retire le facteur du simple courage physique, et que l’on compare la gigantesque armée de 30 000 hommes rassemblée par Umar ibn Sa’ad aux 70 compagnons de l’Imam Hussein, le seul et unique critère de séparation était celui-ci : les 70 étaient les maîtres absolus de la clairvoyance, tandis que les 30 000 en étaient tragiquement démunis. Les uns voyaient l’épreuve et le défi divin, les autres étaient aveugles. C’est une différence d’une importance capitale.

6. La Guerre Médiatique Moderne : L’Industrie des 99 Mensonges

Mes frères, cette leçon n’est pas confinée dans les livres d’histoire. Nous vivons aujourd’hui dans une époque où il est d’une urgence absolue d’être pleinement conscients des défis qui nous assaillent. Faites le test : allumez votre télévision ou ouvrez vos réseaux aujourd’hui. Prenez n’importe quel sujet historique, contemporain, passé, futur, en Orient ou en Occident. Posez la question : « Pourquoi la Première Guerre Mondiale a-t-elle commencé ? » ou « Pourquoi la tragédie de Karbala a-t-elle eu lieu ? » ou « Pourquoi les Croisades ont-elles éclaté ? ».

Allez-vous trouver un seul récit unanime ? Non, vous trouverez 100 récits différents, 100 narrations divergentes. Or, la logique la plus élémentaire nous dicte que pour un événement donné, il n’y a qu’une seule et unique vérité historique, une seule cause véritable. S’il n’y a qu’une seule vérité, pourquoi ces 99 autres versions circulent-elles en permanence ? La réponse est terrifiante : ces 99 autres versions n’ont été fabriquées et diffusées que dans un seul et unique but, celui d’aveugler votre discernement, la « Ta’miyat al-Basa’ir ».

Je vous affirme qu’aujourd’hui, 99 % de la population mondiale est la cible directe de cette vaste entreprise de brouillage des consciences. Les budgets colossaux, représentant des fortunes inimaginables à l’échelle mondiale, ne sont pas dépensés pour vous informer, mais pour vous empêcher de comprendre les véritables intentions de vos adversaires. Tout est conçu pour vous plonger dans la confusion.

7. La Perversion des Mots Divins au Service du Mal

Regardez comment la manipulation des esprits peut atteindre des sommets diaboliques. Pour déclencher le plus grand crime de l’histoire, le massacre de la famille du Prophète, Umar ibn Sa’ad s’est avancé pour lancer la première flèche marquant le début de la bataille. Quels mots a-t-il utilisés pour galvaniser ses troupes ? A-t-il appelé au crime ? Non ! Il a crié : « Ô chevaux de Dieu, montez, et réjouissez-vous du Paradis ! ».

Il a osé utiliser la terminologie sacrée, des mots divins, pour habiller l’œuvre de Satan. Il leur promettait le Paradis divin tout en les précipitant tête première dans les flammes de l’Enfer !. Voilà la puissance destructrice d’un peuple sans Bassira : se faire envoyer en Enfer par des slogans célestes.

C’est cette même machine de propagande impitoyable qui, quelques années auparavant, avait accompli l’inconcevable. Lorsque l’Imam Ali fut assassiné en pleine prière, la nouvelle parvint aux habitants de la région du Levant. Et quelle fut leur réaction ? Furent-ils horrifiés par la profanation de la mosquée ? Non. L’ignorance et l’aveuglement étaient tels qu’ils se sont demandés avec stupeur : « Mais, Ali priait-il vraiment pour être tué dans une mosquée ? ». Voilà jusqu’où la falsification de la vérité peut aller. Ne croyez jamais que les masses d’aujourd’hui sont à l’abri de telles manipulations.

8. L’Autorité Divine face au Pouvoir Humain : Le Triomphe de l’Imam Sajjad

Le tyran ne se contente pas de tuer ; il veut toujours s’approprier la justification divine pour laver ses crimes. Lorsque le convoi des captifs de Karbala, dans toute sa douleur, a été amené devant Yazid, ce dernier a tenté une manœuvre psychologique pernicieuse. Regardant l’Imam Sajjad, il lui demanda : « Qui es-tu ? » On lui répondit : « C’est Ali ibn al-Hussein ». Yazid, pensant piéger l’Imam devant sa cour, lança cette accusation empoisonnée : « Dieu n’a-t-il pas tué Ali ibn al-Hussein [Ali al-Akbar, le frère de l’Imam Sajjad] ? ».

Comprenez-vous la perfidie de cette question ? Yazid voulait faire croire à toute l’assemblée que le massacre de Karbala n’était pas le fruit de sa tyrannie, mais l’exécution d’une volonté divine indiscutable, blanchissant ainsi ses mains pleines de sang.

Mais l’Imam Sajjad, porteur de l’infinie clairvoyance divine, a foudroyé la rhétorique du tyran par une réponse d’une précision chirurgicale. Il a rétorqué calmement : « J’avais un frère nommé Ali, ce sont les gens qui l’ont tué ». Par cette réponse sublime, l’Imam Sajjad n’a pas seulement réfuté un mensonge, il a détruit les fondements du pouvoir omeyyade. Il disait en substance : « Tu ne peux pas régner et tuer en invoquant le nom de Dieu. Tes actes sont les actes des hommes ».

Il y a là une leçon de théologie politique fondamentale que nous avons souvent abordée et que nous continuerons de marteler : celui qui gouverne légitimement au nom de Dieu est un véritable Imam, un Khalife. Mais si un dirigeant ne détient son pouvoir que par la force des hommes ou par le choix des hommes, il n’est qu’une simple autorité temporelle, une « Sulta », et il n’a aucunement le droit de se draper de la sacralité divine. Malheureusement, cette distinction cruciale reste encore incroyablement floue dans l’esprit de très nombreux croyants aujourd’hui.

9. L’Appel à la Prudence et au Discernement : Ne Soyez Pas les Outils de l’Ennemi

Mes très chers frères, le Coran est catégorique : « Des clairvoyances (Bassair) vous sont certes venues de votre Seigneur ». Nous possédons des critères, des règles fondées sur le savoir, la conscience et la rigueur scientifique.

Aujourd’hui, je vous lance un appel solennel : ne prenez jamais les choses à la légère. Observez nos comportements quotidiens, nos veillées, nos rassemblements. Que faisons-nous ? Nous passons nos soirées à répéter sans la moindre vérification tout ce que nous recevons sur nos téléphones, les rumeurs qui pullulent sur l’application WhatsApp. Nous devenons les instruments dociles et gratuits de ceux qui dépensent des millions pour nous tromper !. Pensez-y : des mercenaires médiatiques sont grassement payés pour fabriquer un faux récit, pour construire un mensonge, dans le seul but que vous preniez ce message, que vous l’apportiez dans votre salon, et que vous le diffusiez vous-même à votre famille et à vos amis !. Nous propageons leur poison gratuitement, pensant parfois même bien faire.

Il faut que nous retrouvions l’humilité et la rigueur intellectuelle. Si je viens vous voir aujourd’hui, moi le Cheikh, et que je commence à vous faire un cours magistral sur l’ingénierie électrique, sur la manière de câbler un bâtiment ou de gérer des installations sonores complexes, quelle sera votre réaction ?. Vous refuserez de m’écouter, et vous aurez raison ! Vous direz : « Mais que connaît le Cheikh à l’électricité pour s’improviser ingénieur ? ».

Alors, je vous pose la question : si vous exigez cette compétence pour de simples fils électriques, pourquoi acceptez-vous de débattre avec autant de véhémence de géopolitique, de stratégie militaire ou d’analyses politiques complexes, alors que vous n’avez jamais étudié ces domaines ?. « Je n’ai pas étudié l’électricité, et vous n’avez pas étudié la science politique », soyons honnêtes envers nous-mêmes !. Vous pouvez partager une idée, relayer une perspective avec prudence, dire « il se dit que… » ou « un tel pense que… ». Mais adopter farouchement une position que l’on ne maîtrise pas, s’en faire le défenseur acharné, c’est s’exposer à devenir la proie des ambitions d’autrui.

Un véritable croyant n’est ni naïf, ni simple d’esprit. On ne lui ment pas facilement, on ne le manipule pas à sa guise. Il refuse catégoriquement d’être celui qui vend son propre au-delà, sa propre intégrité morale, pour servir le confort terrestre et les intérêts d’un autre sans même s’en rendre compte.

Conclusion

Voilà, mes frères et sœurs, l’une des plus immenses leçons de l’épopée de Karbala et de l’Histoire humaine. S’il nous fallait réduire l’océan des différences entre le camp de la lumière de l’Imam Hussein et les ténèbres de l’armée de Umar ibn Sa’ad à un seul et unique critère fondamental, ce serait indiscutablement celui-ci : La présence de la Bassira. L’armée de l’Imam était composée des maîtres de la clairvoyance, tandis que le camp adverse a été englouti par son ignorance. C’est cela qui a scellé le sort de la bataille et l’avenir de l’humanité.

Je prie Dieu, béni et exalté soit-Il, de nous accorder à tous une fin digne de ce nom, de nous préserver de l’aveuglement des cœurs et des esprits, et de nous maintenir toujours inébranlables, fermes et constants sur la voie lumineuse de l’Imam Hussein, de ses alliés fidèles, de ses nobles descendants et de ses fils. Que la paix, la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions soient sur vous tous.


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *