Sermon du Jeudi 16 Juillet 2026 – 30 Muharram 1448

Que vos assemblées soient illuminées, purifiées et élevées par l’évocation de Muhammad et de la famille de Muhammad.

Je cherche refuge auprès de Dieu contre Satan le lapidé, et c’est par l’immense grâce de Dieu que je commence, au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Louange à Dieu, Seigneur des mondes, et que la prière et la paix de Dieu soient sur le Messager de la miséricorde, le Prophète de l’univers, Muhammad, ainsi que sur les membres purs et immaculés de sa famille. Que la paix soit sur vous tous, ainsi que la miséricorde infinie de Dieu et Ses bénédictions.

Chers frères et sœurs, il existe dans nos traditions une narration poignante et profondément révélatrice. On rapporte que l’Imam Al-Hussein, que les prières et la paix de Dieu soient sur lui, a aperçu un jour son fidèle et noble compagnon, Habib ibn Muzahir, dont les larmes coulaient à flots. Devant ce chagrin, l’Imam s’est approché et lui a demandé avec douceur : « Qu’est-ce qui te fait pleurer, ô Habib ? As-tu peut-être pensé à ta famille et à tes proches ? ». La réponse de Habib fut d’une loyauté absolue, préfigurant l’esprit même de Karbala : « Non, mon Maître. Je ne pleure pas sur mon propre sort, mais je pleure sur toi, en pensant à ce qu’ils vont s’autoriser à te faire subir durant ces mois sacrés ».

Cette anecdote sublime nous introduit au cœur du message que je souhaite vous transmettre aujourd’hui. Souvent, dans nos assemblées, nous avons pris l’habitude d’analyser l’épopée de Karbala sous des angles spécifiques : nous consacrons des discours au rôle extraordinaire de la jeunesse, ou encore à la bravoure et à la résilience des femmes. Mais aujourd’hui, j’ai choisi de m’adresser à vous sur un sujet qui englobe tout cela, un sujet qui est le socle même de notre société : le rôle, la puissance et la dynamique de la famille à Karbala.

En effet, au-delà des larmes et des récits de deuil que nous écoutons, se cachent des concepts éducatifs d’une profondeur abyssale. Ce sont des leçons d’une telle subtilité que l’auditeur pourrait parfois ne pas en saisir toute la portée s’il ne s’y attarde pas. Ces concepts sont pourtant intimement liés à la manière dont nous devons concevoir l’éducation à l’intérieur même de nos foyers, une éducation qui se manifeste avec une clarté et une puissance bouleversantes sur cette terre sacrée.

I : Le Miracle de la Matrice Éducative – La Transfiguration de Wahb

Pour illustrer l’impact titanesque et absolu de l’éducation familiale, posons-nous une question fondamentale : quel est le sens véritable, quelle est la force motrice derrière les mots d’Umm Wahb, lorsqu’elle ordonne avec une autorité inébranlable à son fils : « Ô Wahb, lève-toi et va secourir Al-Hussein » ?.

Il est crucial de maîtriser tous les détails de Karbala pour en comprendre la grandeur. L’histoire de cette famille débute lors d’une halte du convoi de l’Imam Al-Hussein, alors qu’il se dirigeait inéluctablement vers Karbala. Dans cette région résidaient Wahb et sa mère. L’Imam s’est dirigé en personne vers leur tente, à un moment précis où Wahb s’était absenté pour aller puiser de l’eau. La mère de Wahb l’a accueilli, ignorant à cet instant qu’elle se trouvait face à l’Imam Al-Hussein. L’Imam lui a alors confié un message prophétique pour son fils : « Dis-lui que le rêve qu’il a fait cette nuit est véridique et qu’il se réalisera ». C’est ainsi que la dynamique familiale entre en jeu.

À son retour, interrogé par sa mère sur ce fameux rêve, Wahb lui révèle une vision céleste et vertigineuse. Il raconte : « Ô mère, j’ai vu le prophète Jésus (Issa), sur lui la paix, en rêve. Il m’a désigné plusieurs figures grandioses. Il m’a dit : « Voici le Messager de Dieu, Muhammad ibn Abdallah », puis il m’a montré Ali ibn Abi Talib, le successeur du Prophète, et enfin Al-Hussein, le petit-fils du Prophète ». Jésus lui a alors annoncé l’inévitable : cet homme, Al-Hussein, serait tué le lendemain sur la terre de Karbala, et le devoir de Wahb était de le secourir et de mourir à ses côtés. Ayant entendu ce récit, sa mère lui confirme que le convoi se dirigeait justement vers Karbala avec Al-Hussein. Sans une once d’hésitation, Wahb se précipite vers l’Imam, embrasse l’Islam, rejoint les rangs de son armée pour devenir l’un de ses plus illustres martyrs.

Cependant, le sommet pédagogique, le joyau éducatif de ce récit, se déroule dans la fureur du champ de bataille. Poussé par sa mère, Wahb s’élance, combat héroïquement, puis, au cœur du tumulte, il revient vers elle et lui pose cette question déchirante : « Ô mère, es-tu satisfaite ? ». La réponse de cette femme transcende l’instinct maternel ordinaire : « Non, je ne le serai que lorsque je te verrai couvert de ton sang ».

Arrêtons-nous un instant et réfléchissons. Quelle mère, dans notre monde contemporain, aurait la force surhumaine de dire à son fils : « Lève-toi, va secourir cet homme, et je n’accepterai de toi rien de moins que la mort et le martyre » ?. Et surtout, quel fils écouterait un tel commandement avec une obéissance aussi absolue ?.

Si Wahb accepte une telle directive concernant une question aussi radicale que la mort, cela nous révèle la profondeur inouïe de la relation qui les unit. Cette mère n’est pas qu’une génitrice ; elle est une institution spirituelle. Ce jeune homme connaissait intimement les moindres détails du comportement de sa mère, sa pureté, sa chasteté, son éthique infaillible et sa foi inébranlable. C’est parce qu’il voyait en elle un modèle de perfection qu’il a répondu à son appel sans sourciller.

La leçon que nous devons en tirer est éclatante : la capacité à forger des individus de la trempe des compagnons d’Al-Hussein prend racine exclusivement à l’intérieur de la famille, et non à l’extérieur. C’est ce foyer qui est capable de façonner de tels hommes. L’influence de la mère sur la prise de décision est si colossale, si fondamentale, que lorsque la propre épouse de Wahb a tenté de le dissuader de combattre, il a fermement rejeté ses paroles, prouvant que la voix de l’éducation maternelle, forgée dans la vérité, surpassait tout. Il y a une différence immense entre une mère qui accepte avec résignation le martyre de son enfant, et une mère qui l’exige comme condition de sa propre satisfaction.

II : La Jurisprudence de la Douleur et l’Élévation de l’Âme – L’Enfant de Junadah

Laissez-moi vous relater un autre tableau de cette épopée, une scène que l’on pourrait raconter des milliers de fois sans jamais cesser de sentir notre cœur se briser et se consumer. C’est l’histoire de l’épouse de Junadah bin Al-Harith. Son mari venait tout juste de tomber en martyr lors de la toute première offensive de l’ennemi. Se retrouvant veuve, cette femme appelle alors son jeune garçon pour l’envoyer à son tour dans l’arène. Les historiens débattent de l’âge de cet enfant : 12 ans, 13 ans, ou 15 ans, mais tous s’accordent à dire qu’il n’avait pas plus de 16 ans.

Observez alors la pédagogie infinie, la miséricorde et la sagesse de l’Imam Al-Hussein. Voyant ce jeune garçon s’avancer, l’Imam hésite et prononce une phrase qui résonne encore aujourd’hui : « Le père de ce jeune garçon a été tué lors de la première attaque, et il se peut que sa mère déteste cela (qu’il aille combattre) ».

Nous lisons souvent cette phrase rapidement, mais elle a établi, à travers les âges, un principe jurisprudentiel et éthique monumental : le respect sacré du droit et de l’avis de la mère quant au destin de son enfant. L’Imam nous démontre à quel point l’opinion maternelle est fondamentale au sein de la famille. Un commandant militaire ordinaire, assiégé de toutes parts, aurait simplement vu un combattant de plus pour grossir ses rangs, se disant qu’ils n’avaient de toute façon plus rien à perdre. Mais telle n’est pas la rationalité des Gens de la Demeure prophétique (Ahl al-Bayt).

Face à cette considération sublime de l’Imam, quelle fut la réponse de cette mère endeuillée ?. Imaginez sa situation : c’est une femme étrangère sur cette terre, son mari gît sans vie, elle sait pertinemment que son jeune fils va être massacré, et qu’elle finira captive, humiliée, traînée de ville en ville. Pourtant, ses priorités, sa logique, ses angoisses n’appartenaient plus à notre monde matériel. Elle a répondu par des mots d’une loyauté qui dépasse l’entendement humain : « Est-il juste que la figure d’Al-Zahra (Fatima) soit endeuillée par la perte de son fils, et que moi, je ne sois pas endeuillée par le mien ? ».

Prenez la mesure de cette phrase. Quel sommet inatteignable de foi, quel degré vertigineux de sacrifice et d’allégeance faut-il atteindre pour prononcer de tels mots ?. Son unique préoccupation, dans les ténèbres de cette tragédie, était de savoir comment elle pouvait partager la douleur spirituelle de Fatima Al-Zahra et la consoler à travers son propre sacrifice. C’est cela, la véritable éducation spirituelle qui naît au sein du foyer. Ce sont des individus façonnés par leur famille, contrairement à l’armée adverse, issue d’une société corrompue et dévoyée de l’extérieur.

III : L’Anéantissement dans l’Amour du Guide – Soulager le Cœur d’Al-Hussein

Si vous scrutez avec attention les dialogues, les comportements, les refus et les ultimes paroles des compagnons et de la famille d’Al-Hussein le jour de l’Achoura, vous découvrirez un fil d’or qui relie toutes leurs actions. Cette mère qui voulait consoler Fatima n’a fait, en réalité, qu’alléger le fardeau émotionnel d’Al-Hussein, lui apportant la tranquillité inestimable de savoir qu’il était entouré d’âmes prêtes au sacrifice absolu.

Leur obsession unique, le but de tous leurs discours, se résumait à ceci : comment soulager le cœur d’Al-Hussein, comment atténuer sa douleur infinie et ne pas ajouter de peines supplémentaires à son esprit tourmenté. Leur objectif dépassait de loin la simple quête du martyre ou la victoire militaire ; ils voulaient par-dessus tout épargner émotionnellement cet homme contre qui l’univers entier semblait s’être ligué.

Prenons l’exemple déchirant d’Al-Qasim, le jeune neveu de l’Imam. Lorsqu’il demande la permission de descendre sur le champ de bataille, l’Imam Al-Hussein, regardant cet enfant qui n’avait même pas encore atteint la puberté (environ 14 ou 15 ans), lui demande : « Ô Qasim, quel goût a la mort pour toi ? ». La réponse du jeune Qasim défie toute logique humaine naturelle : « Ô mon oncle, elle est plus douce que le miel ». Comment interpréter une telle réponse ? Il n’y a qu’une seule explication : il voulait désespérément rassurer cet oncle écrasé par la solitude et les épées de l’injustice. Il voulait lui signifier qu’il n’avait pas peur, afin de ne pas alourdir le cœur d’Al-Hussein par l’angoisse de voir son neveu terrifié.

De la même manière, contemplons la fin d’Ali Al-Akbar, le propre fils bien-aimé de l’Imam. Il tombe sous les coups, le corps meurtri, la gorge brûlée par une soif mortelle. Pourtant, au moment même de son martyre, il ne se plaint ni de l’agonie de ses blessures, ni de la soif qui le consume. Il tourne son regard vers son père et s’écrie : « Voici mon grand-père, le Messager de Dieu, qui m’a abreuvé d’une coupe pleine dont je n’aurai plus jamais soif ! ». Pourquoi choisir ces mots exacts dans son dernier souffle ? Pour dire à son père : « Ne t’inquiète plus pour mon chagrin, ma souffrance est terminée, je suis apaisé ». Jusqu’à l’ultime seconde, son comportement était entièrement centré sur l’allègement de la souffrance de son père. Ce fut la ligne de conduite de la majorité des compagnons.

Et que dire de l’héroïsme d’Al-Abbas ?. Lorsque l’Imam Al-Hussein s’est précipité vers lui, ensanglanté, et a voulu prendre sa tête pour la poser sur ses genoux, Al-Abbas s’y est opposé. Ce n’était pas un simple geste de courtoisie ou d’altruisme. Derrière ce refus se cachait une pensée bouleversante : « Tu poses ma tête sur tes genoux maintenant, mais dans une heure, qui sera là pour poser la tienne sur les siens ? ».

Aujourd’hui, face à une personne gravement blessée, notre réaction naturelle et logique est de chercher à la secourir, d’appeler un médecin, de la transporter à l’hôpital. Mais eux, malgré l’agonie et la chair déchirée, pensaient à tout autre chose. Ils étaient tellement fondus, tellement anéantis dans l’amour de leur guide spirituel, qu’ils ne voyaient plus l’existence qu’à travers lui. Leurs mots, leurs actions, leurs refus et leurs silences n’étaient dictés que par une seule volonté inébranlable : défendre et soulager le Maître des Martyrs.

IV : La Pédagogie des Larmes et les Invocations Divines

Cette dimension éducative exige de nous une lecture méticuleuse, presque chirurgicale, de chaque détail de Karbala. Il serait d’ailleurs fondamental de consacrer des études entières aux invocations (du’a) prononcées par l’Imam ce jour-là, un sujet sur lequel de nombreux sages et mystiques se sont penchés.

Observez la nuance et la profondeur de ses réactions face à la tragédie. Lorsque son nourrisson, le bébé de six mois, a été martyrisé entre ses propres mains, l’Imam Al-Hussein a recueilli son sang et a prié : « Ô Dieu, si Tu nous as privés de la victoire immédiate, fais-en un trésor pour nous dans l’au-delà ». Une prière de remise totale à Dieu. Mais lorsque le jeune Qasim est tombé, la prière de l’Imam a pris une tournure radicalement différente, implacable : « Ô Dieu, prive-les des gouttes du ciel et envoie-leur des années de famine semblables aux années de Joseph ! ». Pourquoi le martyre de Qasim a-t-il déclenché une invocation d’une telle sévérité ? Pourquoi a-t-il choisi ces mots spécifiques à ce moment précis ?.

De même, lorsque l’Imam a vu la marée humaine des ennemis fondre sur lui comme un torrent dévastateur, il a levé les mains au ciel et a récité cette prière grandiose : « Ô Dieu, Tu es ma confiance dans toute affliction et mon espérance dans toute détresse. Combien de soucis devant lesquels le cœur faiblit et l’esprit se perd… ». Comprendre les choix d’invocations de l’Infaillible le jour de l’Achoura est une nécessité absolue. Cela nous enseigne une pédagogie spirituelle : face à la perte, face au manque de soutien, face à la trahison ou à la solitude, il existe un état d’esprit spécifique et des mots choisis pour s’adresser au Divin.

V : Le Miroir de Notre Époque – L’Examen de Conscience de Nos Foyers

Tout cet héritage nous ramène inévitablement à nous-mêmes, à notre réalité. Nous sommes les héritiers de figures sublimes, à l’image de Fatima Al-Zahra. N’oublions jamais que la nuit de ses noces, alors qu’elle s’apprêtait à vivre la plus grande joie terrestre, elle a exigé de son père, le Prophète, le droit d’intercéder pour les pécheurs de la nation le Jour de la Résurrection. Cette capacité inouïe à penser au salut universel et spirituel, même dans la joie personnelle, est l’esprit même qui animait Karbala.

Aujourd’hui, chers croyants, je m’interroge profondément sur nos propres méthodes éducatives. En observant ma manière d’élever mes enfants, je constate que je consacre une énergie monumentale à leur assurer un statut social respectable. Je m’inquiète de leur futur mariage, du choix de leur conjoint, de leur confort matériel, de l’édification de leur carrière financière. Soyons clairs : tout cela est légitime et n’est en rien interdit par notre religion.

Mais la véritable question, celle qui doit nous empêcher de dormir, est la suivante : jusqu’à quel point suis-je réellement engagé, corps et âme, à forger en mon fils ou ma fille une personnalité spirituelle, une âme dotée d’une allégeance indéfectible ?. Sont-ils capables d’être à la hauteur des immenses bouleversements et défis de notre époque ?. Surtout dans un monde où il semble parfois que toutes les forces se liguent et s’unissent uniquement pour combattre les partisans et les fidèles des Imams de la Maison du Prophète.

Ne nous y trompons pas. La lecture de bons livres est utile. Les documentaires télévisés sont utiles. Les cercles d’études, les rencontres et les activités périscolaires sont d’excellentes initiatives. Mais tout cela n’est que secondaire, de simples adjuvants. L’artisan absolu, le maître d’œuvre de la construction spirituelle, morale et idéologique d’un individu, c’est la famille, ce sont les parents. C’est au sein du foyer, et nulle part ailleurs, que l’on a le pouvoir de forger ces personnalités exceptionnelles, complètes et hors du commun dont notre monde a un besoin si criant.

VI : L’Horizon Ultime – Le Sang de Karbala comme Terreau de l’Avènement de l’Imam Al-Mahdi

Ce rôle éducatif fondamental au sein du foyer nous pousse vers une réflexion finale, cruciale pour notre destinée collective. Aujourd’hui, nous évoquons constamment l’Imam Al-Mahdi, notre devoir de préparer le terrain pour son retour (le Tamhid) et notre rôle dans l’attente de son avènement.

Mais avez-vous déjà réfléchi à la raison pour laquelle, parmi tous les titres par lesquels nous invoquons l’Imam Al-Mahdi, nous l’appelons « Celui qui réclame la vengeance du sang versé à Karbala » ?. Pourquoi les récits nous annoncent-ils que lors de son apparition majestueuse, son grand slogan de ralliement, gravé dans le cœur de ses partisans, sera « Ya Latharat Al-Hussein » (Ô vengeurs d’Al-Hussein) ?.

Lorsqu’on a interrogé l’Imam Al-Sadiq (paix sur lui) sur la raison pour laquelle l’Imam Al-Mahdi lèvera l’étendard de la vengeance d’Al-Hussein à la fin des temps, sa réponse fut glaçante et révélatrice. Il a expliqué que l’Imam Al-Mahdi affrontera des armées composées d’hommes qui seront les héritiers spirituels et idéologiques de ceux qui ont massacré Al-Hussein. Ils porteront en eux la même mentalité corrompue, la même violence aveugle, la même cruauté implacable et les mêmes déviances. En d’autres termes, la matrice perverse qui a assassiné l’Imam à Karbala ressuscitera sous de nouvelles formes à la fin des temps.

C’est pourquoi le summum, l’aboutissement de notre méthodologie éducative familiale aujourd’hui, réside dans notre capacité à relier indissociablement le présent au passé. Nous ne pouvons pas élever nos enfants dans une religiosité aveugle, tiède, dépourvue d’horizon ou de boussole. Comment savoir si nous sommes sur la bonne voie avec nos enfants ? La réponse est claire : la véritable méthodologie consiste à inculquer à nos enfants le sens du soutien et de la préparation à l’Imam Al-Mahdi (notre présent et notre futur), tout en infusant et en greffant dans cette préparation toutes les valeurs, tous les slogans et tous les sacrifices de l’Imam Al-Hussein à Karbala (notre fondation passée).

Ce n’est qu’en fusionnant ces deux dimensions, en reliant le sang de Karbala à l’aube de l’Imam Al-Mahdi, que nous pourrons affirmer que nous avons compris le message, que nous assumons notre rôle, et que nous sommes devenus les partisans véritables de la lumière. En relisant l’histoire, il faut s’émerveiller de la manière dont les épouses, les mères et les enfants ont joué ce rôle éducatif déterminant, un rôle totalement fondé sur le désir brûlant d’apaiser le cœur de l’Imam assiégé, noyé dans le chagrin et l’angoisse.

Je prie Dieu, le Très-Haut, le Béni, de nous raffermir et de nous maintenir inébranlables sur la voie tracée par l’Imam Al-Hussein. Je Lui demande, par Sa grâce, de faire de l’Imam et de sa famille pure nos intercesseurs pour le pardon de nos péchés, et de nous ressusciter tous à leurs côtés, dans leur lumière, le Jour du Jugement. Que Dieu pardonne nos manquements et nos fautes. Je demande pardon à Dieu pour moi-même et pour vous tous. Que la paix, la miséricorde infinie de Dieu et Ses bénédictions soient sur vous.


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