Sermon du Dimanche 21 Juin 2026 – 6 Muharram 1448

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Je cherche refuge auprès de Dieu contre Satan le lapidé. Louange à Dieu, le Seigneur des mondes, et que les prières les plus pures et les salutations les plus sincères soient sur le Prophète de la miséricorde, le messager du Seigneur des mondes, Muhammad, ainsi que sur les membres purs et immaculés de sa famille.

Que la paix soit sur toi, ô Aba Abdallah, ainsi que sur les âmes qui ont campé dans ta cour et se sont ralliées à ton voyage. Sur toi, de ma part, le salut de Dieu pour toujours, tant que je vivrai et que dureront le jour et la nuit, et que Dieu ne fasse pas de cette visite la dernière. Que la paix soit sur Hussein, sur Ali fils de Hussein, sur les enfants de Hussein, et sur les fidèles compagnons de Hussein, et que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous tous.

Le libre arbitre à l’épreuve de la volonté divine

Vous me demandez d’aller encore plus loin, de creuser encore plus profondément dans ce mystère abyssal : comment, dans les méandres de notre conscience et les tumultes de nos vies, parvenir à distinguer nos désirs personnels, souvent trompeurs, de la pure et insondable volonté de Dieu ? Pour répondre à cette quête d’une vie, je vous convie à une immersion totale et exhaustive dans la philosophie de l’action, de l’obéissance et du sacrifice, telle que nous l’enseigne notre tradition et la tragédie fondatrice de Karbala.

Le Fardeau Originel : La Hiérarchie des Grâces Divines

Pour comprendre la nature de nos choix, il faut d’abord remonter à la source de notre condition humaine. Quelle est la plus grande grâce que Dieu nous ait accordée ? De toute évidence, c’est d’abord la grâce de l’existence elle-même. Mais immédiatement après cette étincelle de vie, quelle est la dotation suprême ? Récemment, certains chercheurs et penseurs se sont penchés sur ce débat fascinant, avançant l’hypothèse que la plus grande bénédiction divine serait le savoir ou la connaissance.

Cependant, une analyse plus profonde nous révèle une vérité vertigineuse : la connaissance n’intervient que dans un second temps. L’immense, l’absolue et la plus redoutable des grâces accordées à l’être humain, c’est la liberté de choix. C’est cette capacité intrinsèque de décider de son propre destin, d’adopter telle ou telle posture face à l’univers.

Pour que vous puissiez ressentir la primauté de cette liberté, je vous invite à faire une introspection radicale : imaginez qu’une force supérieure vienne à vous et vous impose un dilemme absolu. On vous dit : « Je vais te retirer soit ton savoir, faisant de toi un ignorant, soit ta liberté de choix, faisant de toi un être entièrement soumis, un simple exécutant dénué de toute volonté propre ». Que choisiriez-vous ? Dans les profondeurs de ses entrailles, l’être humain sentira toujours que la liberté est le joyau le plus précieux de son existence, bien avant la science. Bien sûr, nous ne rabaissons en rien la majesté du savoir divin, car le Coran nous rappelle que Dieu a créé l’homme et lui a enseigné l’expression, mais cette liberté d’opter pour le bon camp, la bonne parole et la bonne attitude face aux innombrables défis de la vie constitue une responsabilité écrasante.

Le Diagnostic de l’Âme : L’Égoïsme Masqué en Prière

C’est dans l’exercice de cette liberté que réside le drame humain. Comment distinguer ce qui émane de notre ego de ce qui émane de Dieu ? Le Prince des Croyants, l’Imam Ali, nous livre une introspection d’une puissance philosophique inégalée. Il a confié ceci : « Lorsque je demandais une chose à Dieu et qu’Il me l’accordait, je m’en réjouissais une fois. Mais s’Il ne me l’accordait pas, je m’en réjouissais dix fois plus ».

Je vous demande de méditer profondément sur ces paroles. Pourquoi un homme se réjouirait-il de voir ses prières refusées ? Pourquoi y trouverait-il une joie décuplée ? La réponse de l’Imam Ali est la clé de notre discernement : dans le premier cas, lorsque la prière est exaucée selon notre souhait, il s’agit d’une satisfaction intime de notre propre ego (رضا نفسي). Nous avions formulé un désir personnel, et nous sommes heureux qu’il se réalise. Mais dans le second cas, lorsque la demande est refusée, ce non-exaucement est en réalité l’expression pure et directe du choix de Dieu pour nous (رضا ربي).

Il est d’une logique implacable et naturelle que le choix de Dieu pour l’être humain soit infiniment supérieur et plus bénéfique que le choix que l’homme fait pour lui-même. Pourquoi ? Parce que le Très-Haut, dans Sa miséricorde absolue, est immensément plus compatissant et clément envers nous que nous ne saurions l’être envers nous-mêmes.

C’est ici que notre perception moderne est souvent erronée. Combien de fois supplions-nous le Créateur avec ferveur, et face au silence, nous sombrons dans le désespoir, persuadés que nos invocations ont été ignorées ? Détrompez-vous. Il est fort possible que Dieu ait parfaitement entendu et exaucé votre prière, mais qu’Il ait perçu, dans Sa prescience infinie, que votre salut et votre véritable intérêt résidaient dans une direction diamétralement opposée à ce que vous réclamiez. Dieu ne se contente pas de distribuer des faveurs pour assouvir nos caprices éphémères ; Il orchestre les événements selon ce qu’Il voit être utile pour notre âme. Il nous accorde ce qui nous élèvera, ce qui nous rapprochera de Lui, ce qui forgera en nous plus d’engagement, de discipline et de noblesse de caractère.

Ainsi, le premier critère pour distinguer nos désirs du choix divin est d’observer notre rapport à la frustration et à l’échec de nos plans : si nous acceptons sereinement que la voie qui se dessine malgré nos efforts est la volonté purificatrice de Dieu, nous commençons à vaincre notre ego.

L’Étalon de Mesure : L’Infaillible et l’Arrogance de la Raison

Pour parfaire ce discernement, la théologie nous offre un modèle absolu : l’Infaillible, le Ma’sum. Le propre de l’Infaillible est que la totalité de ses requêtes et de ses décisions est, par essence, le choix même de Dieu.

Prenons l’immense figure de l’Imam Hussein. Face à l’oppression et à la tyrannie, il n’était nullement acculé à une seule issue. Une vaste gamme de choix s’offrait à lui. Il aurait pu choisir la facilité de la soumission et prêter allégeance. Il aurait pu s’exiler bien au-delà des frontières de l’État islamique, dans des contrées lointaines où aucune allégeance ne lui aurait été réclamée. Il aurait également pu se rendre en Irak pour évaluer la situation politique, quitte à faire marche arrière et prêter allégeance plus tard si le soutien populaire venait à s’effondrer. La confrontation directe n’était qu’une option parmi d’autres.

Pourtant, lorsque l’Imam Hussein a arrêté sa décision ultime, cette décision incarnait le « bon choix » absolu, car le choix de l’Infaillible est le reflet miroir du choix de Dieu.

Ici se dresse le piège majeur dans lequel tombent ceux qui confondent leur propre intellect avec la vérité divine. De nombreuses personnes, hier comme aujourd’hui, s’autorisent à débattre, à critiquer, et à soulever des objections face aux décisions des Infaillibles. Mais laissez-moi vous formuler une vérité incontournable : si nous avions la capacité intellectuelle de comprendre instantanément et parfaitement chaque parole et chaque acte de l’Infaillible, nous serions nous-mêmes des Infaillibles.

L’Infaillible prend souvent des décisions dont nous ne pouvons saisir ni les dimensions, ni les arrière-plans culturels, jurisprudentiels ou philosophiques. Et c’est précisément là que se joue le véritable sens de l’obéissance et de la distinction de nos désirs.

Posez-vous cette question terrifiante : Quelle est la valeur de votre obéissance si vous n’obéissez à l’Infaillible que lorsque son ordre est validé par votre propre cerveau ?. Si vous pesez la décision de l’Imam à l’aune de votre petit intellect, et que vous la rejetez sous prétexte qu’elle ne vous plaît pas ou que vous ne la comprenez pas, alors vous n’êtes plus dans l’obéissance à Dieu. Vous obéissez exclusivement à votre propre intellect, vous obéissez à votre ego. La véritable grandeur spirituelle, celle qui permet de tuer les désirs personnels, consiste à obéir à l’Infaillible dans ce que l’on comprend, mais surtout dans ce que l’on ne comprend pas (أن تطيعه فيما لا تعقله).

Souvenez-vous de la tragique bataille de Siffin. Elle a duré une année entière. Dans les rangs de l’Imam Ali, 25 000 hommes ont trouvé la mort en martyrs. Un tribut sanglant et effroyable. Et pourtant, au terme de cette boucherie, le résultat sur le plan strictement politique fut que le pouvoir resta entre les mains de Muawiyah. Comment l’esprit humain réagit-il face à cela ? De très nombreuses personnes n’ont pas compris. Elles ont fait leurs propres calculs mentaux, elles ont rejeté cette issue, elles ont protesté face à ces décisions et ces sacrifices immenses. Mais encore une fois, si nos cerveaux limités pouvaient embrasser la profondeur des décrets d’Ali ibn Abi Talib, nous serions ses égaux. À défaut d’une compréhension totale, nous n’avons aucun droit de nous opposer au choix de l’Infaillible.

L’Énigme Incomprise : Le Cortège des Femmes à Karbala

Ce principe de soumission intellectuelle s’incarne de manière bouleversante dans un événement de Karbala qui défie encore notre raison : la décision de l’Imam Hussein d’emmener avec lui des femmes et des enfants vers un massacre prévisible.

Réalisez bien ceci : même aujourd’hui, 1400 ans après les faits, on continue de me demander avec insistance : « Mais enfin, pourquoi a-t-il pris ces femmes avec lui à Karbala ? ». Ne croyez surtout pas que les décisions de l’Infaillible soient de simples évidences accessibles à la masse.

Face à ce mystère, l’intellect humain a produit des centaines d’études et de thèses. Certains chercheurs soutiennent que l’Imam voulait empêcher l’armée des Omeyyades de prendre sa famille en otage en son absence pour exercer un chantage politique. D’autres affirment que ces femmes devaient endosser un rôle médiatique et politique vital après la bataille, car l’Imam savait avec certitude que son destin et celui de ses compagnons était le martyre. D’autres postulent que la présence féminine avait pour but de catalyser le courage des hommes et de les maintenir fermes dans leurs positions. Enfin, certains y voient la volonté d’imprimer une dimension religieuse et absolue au soulèvement, prouvant qu’il y engageait la totalité de son existence.

Bien que la plume ait beaucoup coulé sur ce sujet, la leçon fondamentale n’est pas de choisir l’une de ces théories. La véritable leçon, pour éduquer nos âmes à distinguer la volonté divine de nos propres analyses, est de comprendre que le jugement ultime ne doit jamais revenir à notre seule raison. Nous avons le droit, et même le devoir, d’utiliser notre intelligence pour tenter de décoder les arrière-plans de ses actes, pour déchiffrer la sagesse cachée de ses positions. Mais nous ne devons jamais nous ériger en juges supérieurs qui valident ou invalident les décisions de l’Infaillible selon nos propres convenances. Agir ainsi, c’est retomber dans l’idolâtrie de son propre ego.

Le Creuset de Karbala : Le Ciel et l’Enfer à Portée de Main

Pour illustrer physiquement ce déchirement intérieur entre le désir personnel et la volonté divine, le sable de Karbala nous offre le parallèle le plus saisissant de l’Histoire humaine, à travers deux commandants : Al-Hurr al-Riyahi et Umar ibn Sa’ad.

Si vous scrutez les annales de l’Histoire, vous découvrirez un fait troublant : face à la gravité de l’instant, ces deux hommes ont prononcé exactement la même phrase. Tous deux ont dit : « Je me donne le choix entre le Paradis et l’Enfer ». Mais regardez comment leurs désirs personnels ont orienté leur destin.

Umar ibn Sa’ad fut aperçu au cœur des ténèbres nocturnes, déambulant, anxieux, l’âme rongée par l’incertitude. Interrogé sur son tourment, il avoua qu’il était déchiré entre le Paradis et l’Enfer. Il récitait des vers de poésie, s’interrogeant à voix haute : devait-il renoncer à l’immense royaume de la région de Ray et à l’ivresse du pouvoir, ou bien devait-il s’y agripper, quitte à revenir les mains souillées du sang pur de l’Imam Hussein ?. Umar ibn Sa’ad a écouté son désir de pouvoir terrestre. Il a placé son ego au-dessus de la volonté divine. Il a choisi le pouvoir éphémère et s’est engagé dans le massacre de l’Imam.

À l’exact opposé, observez Al-Hurr al-Riyahi. Lorsqu’on le vit, lui, l’un des cavaliers les plus vaillants et les plus redoutés de toute l’Arabie, il tremblait de tout son corps. Ceux qui l’ont vu frissonner ainsi s’en sont étonnés, et il leur a répondu, lui aussi, qu’il se voyait suspendu entre le Paradis et l’Enfer. Mais pour rejoindre l’Imam Hussein et accomplir le choix de Dieu, Al-Hurr devait accomplir un acte de destruction totale de son ego. Il devait abandonner sur-le-champ un poste immensément prestigieux, celui de commandant en chef d’une armée titanesque. Il devait abandonner les honneurs, la gloire mondaine, et pire encore, il savait pertinemment que rejoindre le camp de la vérité équivalait à signer son propre arrêt de mort.

C’est cela, l’incarnation du « bon choix » absolu. Nous pouvons nous asseoir aujourd’hui, raconter ces histoires, les analyser intellectuellement et philosopher sur le passé ou le présent. Mais dans la réalité brûlante de l’instant, prendre une telle décision face à l’attrait du pouvoir et à la certitude de la mort exige une force spirituelle prodigieuse. Al-Hurr a su faire taire son ego ; Umar ibn Sa’ad s’en est fait l’esclave.

La Déchirure Fraternelle : Quand le Choix Sépare les Sangs

Pour vous démontrer que ce discernement ne dépend ni de la génétique, ni de l’environnement, mais de la pureté du cœur, je dois vous conter l’une des histoires les plus poignantes de Karbala : celle de deux frères de sang, Amr ibn Qarza et Ali ibn Qarza.

Ils ont grandi sous le même toit familial, ont été nourris aux mêmes valeurs, ont reçu strictement la même éducation. Et pourtant, sur le champ de bataille, une ligne de feu les séparait : Amr se tenait dans le camp de la vérité et de la lumière avec l’Imam Hussein, tandis que son frère Ali se tenait dans les rangs des ténèbres, aux côtés de Umar ibn Sa’ad.

Lors des premiers affrontements d’une violence inouïe, où une grande partie des fidèles de l’Imam tombèrent, Amr fut touché par la grâce du martyre. La nouvelle de sa mort traversa le champ de bataille et parvint aux oreilles de son frère Ali, dans le camp adverse. Ivre de rage, aveuglé par son ego et ses mauvais choix, Ali s’avança vers l’Imam Hussein et lui hurla l’injure la plus abjecte : « Ô Hussein, espèce de menteur fils de menteur ! Tu as égaré mon frère et tu l’as trompé jusqu’à le faire tuer ! ».

Observez attentivement la majesté de la réponse de l’Imam Hussein. N’importe quel être humain ordinaire, face à une insulte d’une telle vulgarité, aurait répondu par l’invective ou la colère. Mais l’Imam Hussein, porte-parole de la volonté divine, lui trancha l’âme avec une réponse d’une limpidité et d’une puissance définitives : « Dieu n’a pas égaré ton frère, mais Il a guidé ton frère, et c’est toi qu’Il a égaré ».

Point final. Il n’y avait plus rien à ajouter. Deux frères, issus d’une même maison, forgés par la même éducation : l’un a brillamment réussi l’épreuve du discernement et a gagné la royauté de l’Au-delà, tandis que l’autre a failli de la pire des manières, jusqu’à chuter irrémédiablement dans les abysses de l’Enfer. Tout s’est joué sur le fil de leurs choix respectifs.

L’Ascension Quotidienne : Vaincre l’Ego dans Notre Réalité

Comment, dès lors, transporter cet héritage colossal dans notre réalité quotidienne ? Car la leçon de Karbala n’est pas un conte pour endormir les foules, c’est un miroir tendu vers notre époque.

Aujourd’hui, dans la réalité que nous traversons, dans l’exercice de nos professions, dans nos engagements politiques, dans nos dynamiques sociales, dans nos foyers et dans nos transactions financières, nous devons sans cesse, à chaque seconde, soumettre nos actes à ce tribunal intérieur : « Ce que je suis sur le point de faire, est-ce véritablement le choix que Dieu a fait pour moi ? ». Est-ce ainsi que je démontre ma fidélité inébranlable à l’Imam Hussein ?.

Malheureusement, si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous constaterons que nos actions sont trop souvent dictées par nos pulsions. Nous agissons parce que c’est ce qui nous semble le plus facile à accomplir, parce que notre ego nous le réclame avec insistance, ou bien parce que la pression étouffante de notre société, de nos amis et de nos proches nous y pousse. Dans nos choix de vie, nous avons la fâcheuse habitude de nous reposer exclusivement sur nos cerveaux, sur notre prétendue finesse d’esprit, sur notre « débrouillardise », et nous nous targuons d’avoir fait des choix « intelligents ».

Mais s’agit-il là du véritable « bon choix » ? Est-ce le choix de Dieu ? Absolument pas. Le véritable « bon choix » (حسن الاختيار) exige une ascèse continue. Il requiert que l’homme s’engage dans une quête incessante de savoir (يتفقه), qu’il s’éduque, qu’il se cultive, mais par-dessus tout, qu’il engage un travail titanesque pour purifier, discipliner et élever son âme (يربي نفسه ويزكيها ويادبها).

C’est seulement au terme de ce raffinement extrême de sa conscience et de sa spiritualité qu’un être humain parvient à un stade où, quelles que soient les circonstances de la vie, il devient incapable de choisir autre chose que ce que Dieu a voulu pour lui. Lorsqu’un homme atteint ce sommet de perfection, on peut véritablement affirmer que son cœur est inondé d’une foi profonde, une foi indestructible, organiquement liée à la foi pure des Gens de la Maison de l’Infaillibilité (Ahl al-Bayt). Comme le disait notre maître Abu Abdallah : « Celui qui s’en remet au bon choix de Dieu pour lui, ne souhaitera jamais autre chose que ce que Dieu a choisi pour lui ».

L’Exigence du Meilleur : L’Ultime Leçon des Compagnons

Je conclurai cette longue traversée en attirant votre regard sur l’attitude vertigineuse des compagnons de l’Imam Hussein. Face à l’inéluctable, ils n’avaient pas devant eux un ou deux choix, mais des milliers de possibilités. L’Imam Hussein lui-même, dans un acte de miséricorde inouï, leur a ouvert toutes les portes. Il les a rassemblés et leur a explicitement, formellement donné la permission de fuir, de l’abandonner à son sort sous le couvert de la nuit pour sauver leurs propres vies.

S’ils étaient partis, ils n’auraient pas commis un péché. S’en aller aurait constitué un choix « permis ». Mais ils se sont obstinés. Ils ont refusé avec véhémence, car ils ont compris qu’au-delà de ce qui est permis, il existe un royaume supérieur : celui du meilleur choix possible.

C’est là le secret ultime pour ne plus jamais confondre ses désirs avec la volonté divine : l’être humain ne doit jamais cesser d’éduquer son âme à chercher l’excellence. Même lorsque vous avez la conviction d’avoir fait un bon choix, un choix juste et licite, vous devez continuer à scruter l’horizon spirituel. Ne devez-vous pas chercher s’il n’existe pas une voie encore plus juste, un acte encore plus parfait, encore plus noble, susceptible de vous élever à un rang supérieur et de vous attirer des récompenses encore plus vastes auprès de Dieu ?.

Voilà l’école de Karbala. Voilà le chef-d’œuvre de l’humanité. Apprendre, tout au long de cette vie d’ici-bas, à maîtriser l’art suprême du « meilleur choix », au mépris de nos ego et de nos peurs. Ce n’est qu’au prix de cette vigilance de tous les instants que nous pourrons nous tenir la tête haute et nous affirmer comme les véritables et fidèles compagnons de l’Imam Hussein, de ses enfants et de son héritage éternel.

Je conclus ces paroles en implorant le pardon et la miséricorde de Dieu, pour moi-même ainsi que pour vous tous, et que la paix, la clémence de Dieu et Ses bénédictions les plus pures vous accompagnent toujours.


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