L’Illusion de l’Absurdité et l’Éveil de la Conscience
Mes chers frères et sœurs, Dieu nous interpelle dans Son Livre Saint : « Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but (en vain) et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? ». L’absurdité, telle que définie par le Coran, n’est pas une simple distraction ; c’est l’état d’un homme qui vit sans utilité, sans sens, répétant ses jours comme un cycle stérile sans rien bâtir pour son éternité.
Vivre dans l’insouciance du retour vers Dieu, c’est choisir une existence « absurde » où l’on oublie de semer ici-bas ce que l’on compte récolter plus tard. Nous devons nous interroger chaque jour : quelle place l’au-delà occupe-t-il réellement dans nos comportements et nos choix ?. Celui qui vit sans mission, déconnecté de son histoire et du message dont Dieu l’a investi, mène une vie sans issue.
La Sagesse du Questionnement et l’Utilité du Savoir
Le Coran nous enseigne comment interroger et comment répondre. Lorsque les gens questionnaient le Prophète (p) sur les phases de la lune ou sur l’Heure dernière, les réponses divines ramenaient toujours l’homme à l’essentiel : ce qui est utile pour son salut,.
Le Prophète (p) nous a mis en garde contre la science qui ne profite pas et l’ignorance qui ne nuit pas, comme la connaissance exhaustive des généalogies sans impact spirituel. Face à celui qui s’enquiert de la date de la fin des temps, la réponse prophétique est cinglante : « Qu’as-tu préparé pour cette Heure ? ». Notre vie est trop courte pour s’égarer dans des curiosités horizontales et des détails mondains ; elle exige une concentration totale sur ce qui nous sera demandé au Jour du Jugement.
La Vie d’Ici-Bas : Une Ferme et un Miroir
La vie présente est le champ de culture de l’au-delà. Aujourd’hui, c’est le temps de l’action sans jugement, mais demain sera le temps du jugement sans action,. Pour les mystiques et les éveillés, l’au-delà est le miroir de cette vie : chaque acte, même infime, s’y reflétera avec une précision absolue,.
Dieu est aux aguets, et Sa balance est d’une finesse telle que le poids d’un atome de bien ou de mal sera exposé. Ne vous méprenez pas : une fois que nous quittons cette demeure, il n’y a plus de rattrapage possible, plus d’intercession improvisée pour celui qui n’a rien préparé. Le Livre de nos actes ne néglige ni les petits ni les grands péchés ; tout y est recensé avec une rigueur extraordinaire.
Le Piège de la « Pensée Collective »
L’une des erreurs les plus tragiques qui nous maintient dans l’oubli de la mort est ce que j’appelle le mental collectif. C’est cette tendance à se rassurer en se disant : « Tout le monde fait ainsi » ou « Si nous allons en enfer, nous y irons tous ensemble ».
Ce conformisme social peut vous rendre acceptable aux yeux des hommes, mais il vous mène à la ruine devant Dieu. Parfois, l’homme est mis au défi de choisir entre l’opprobre de ce monde et l’opprobre de l’éternité. Comme l’a dit le Maître des Martyrs : « La honte (ici-bas) est préférable à l’entrée au Feu ». Dieu rejette toute excuse basée sur la masse, car Il affirme que chaque être viendra à Lui, au Jour de la Résurrection, seul et unique (fardan).
La Vie du Cœur et la Victoire Ultime
L’Imam Ali (as) décrivait les pieux comme des gens qui « côtoient le monde avec des corps ici-bas, mais des âmes attachées au séjour suprême ». La véritable tragédie n’est pas la mort du corps, que nous glorifions souvent par des cérémonies grandioses, mais la mort des cœurs.
La mort physique est une certitude absolue, un fait indéniable. Mais le véritable échec est d’avoir un cœur vide du souvenir de Dieu, de foi et de bonnes œuvres. C’est cette mort intérieure — la mort de la conscience et de l’âme — qui cause la perte de l’éternité.
Le critère du succès ne réside pas dans la longévité ou la richesse accumulée pour ses enfants, mais dans la sécurité de la religion au moment du départ. Lorsque l’Imam Ali (as) fut informé de son martyre, sa seule et unique question ne portait ni sur le lieu, ni sur l’heure, ni sur l’assassin, mais sur son état spirituel : « Ma religion sera-t-elle alors en sécurité ? ». Ayant reçu l’assurance du Prophète (p), il a pu s’exclamer, au moment du coup fatal : « Par le Seigneur de la Kaaba, j’ai triomphé ! ».
C’est ce triomphe, cette certitude de quitter ce monde en étant en paix avec son Créateur, qui doit être notre unique boussole.

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