Je cherche refuge auprès de Dieu contre Satan le lapidé. C’est par l’immense grâce de Dieu que je prends la parole aujourd’hui ; au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Louange au Seigneur des mondes, et que les prières les plus pures, les plus complètes, ainsi que la paix la plus sincère soient sur le Messager de la miséricorde, le prophète de l’humanité entière, Muhammad, ainsi que sur sa famille pure et immaculée.
Que la paix soit sur toi, ô Aba Abdillah, ainsi que sur les âmes qui ont fait halte dans ta cour et se sont reposées dans ton sanctuaire. Que la paix de Dieu soit sur toi de ma part, pour l’éternité, tant que je vivrai et que se succéderont inlassablement le jour et la nuit. Que Dieu ne fasse pas de cet instant mon ultime engagement envers votre visite. Que la paix soit sur Al-Hussein, sur Ali fils d’Al-Hussein, sur les enfants d’Al-Hussein et sur les nobles compagnons d’Al-Hussein. À vous tous, mes chers frères et sœurs ici présents, je vous adresse mes salutations les plus fraternelles, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions.
Dieu le Très-Haut, dans Son Livre Saint, a prononcé cette vérité absolue et intemporelle : « Et quiconque exalte les injonctions sacrées de Dieu, s’inspire en effet de la piété des cœurs ». C’est autour de ce verset fondamental et de la notion centrale de la « commémoration » (Ahya’) que s’articulera notre réflexion approfondie d’aujourd’hui.
La Logique de Notre Calendrier : Saisir la Bénédiction
Avant de plonger dans les profondeurs de l’âme husséinite, je souhaite prendre un instant pour clarifier une question d’ordre pratique et calendaire qui a légitimement suscité quelques interrogations parmi vous. Beaucoup se sont demandé avec curiosité pourquoi nous avons pris la décision de débuter nos assemblées funèbres dès ce lundi, alors que la quasi-totalité des écoles et des autres grandes assemblées (majalis) n’ont commencé que mardi, et que d’autres cercles privés n’ont prévu de débuter que mercredi.
La réponse à cette interrogation repose sur trois piliers mûrement réfléchis. Premièrement, d’un point de vue purement logistique, nous venons tout juste de nous installer dans ce nouveau lieu. Il me paraissait judicieux, voire indispensable, de nous accorder une marge d’une journée entière pour faire face aux éventuels imprévus, pour ajuster nos préparatifs et parer à toute urgence technique avant d’entrer dans le cœur des commémorations. Deuxièmement, et c’est un point d’une importance capitale en matière de jurisprudence, il existe cette année des divergences notables entre nos grands savants et nos références religieuses (Maraji’) concernant la fixation exacte du premier jour du mois de Muharram. Certains ont décrété que le mois commençait le mardi, tandis que d’autres ont affirmé avec certitude que c’était le mercredi. Face à cette pluralité d’opinions jurisprudentielles, j’ai pris la ferme décision de commencer lundi afin de rassembler et d’englober de manière préventive toutes les opinions de nos juristes.
Troisièmement, et c’est sans doute la raison qui résonne le plus profondément en nous : pourquoi refuserions-nous une nuit supplémentaire de grâce spirituelle ?. Commencer plus tôt, c’est accumuler davantage de récompenses divines (Thawab), c’est s’offrir un mérite additionnel. Une assemblée supplémentaire dédiée exclusivement au Maître des Martyrs ne peut être qu’un immense bénéfice pour nos âmes ; cela ne fera jamais de mal, bien au contraire. Néanmoins, pour que notre décompte reste rigoureux et organisé, nous considérerons techniquement la journée de demain (mardi) comme la première nuit officielle de notre programme. Ainsi, le mercredi marquera le premier jour de Muharram, et le dixième jour, le jour tragique et culminant de l’Achoura, tombera précisément le vendredi 26 juin. Nous prolongerons ensuite notre deuil en maintenant nos assemblées pendant trois nuits supplémentaires après l’Achoura, c’est-à-dire le vendredi soir, le samedi et le dimanche.
La Nature de la Commémoration : Les Trois Paliers de l’Ascension
Ce mois de Muharram dans lequel nous venons de pénétrer est, comme nous l’ont enseigné sans la moindre équivoque les textes de nos Imams de la famille du Prophète (Ahl al-Bayt), le mois consacré à la tristesse absolue, aux pleurs ininterrompus et au port du vêtement noir. C’est ici que je souhaite m’arrêter et développer avec vous, avec la plus grande exhaustivité, la véritable signification de ce que nous appelons « l’Ahya’ », la commémoration. Nos textes révèlent que l’établissement des rituels husséinites ne se limite pas à un seul acte homogène, mais se déploie à travers trois niveaux d’élévation spirituelle bien distincts et progressifs.
Le Premier Niveau : L’Écorce et l’Établissement Physique (Iqamat al-Sha’a’ir)
Le premier niveau de notre engagement envers Karbala est ce que l’on appelle l’établissement formel des rituels (Iqamat al-Sha’a’ir). Ce niveau englobe tout ce qui a trait à la manifestation physique, corporelle, matérielle et visible de notre deuil. Il s’agit de la forme extérieure que prend notre tristesse.
Cela inclut, de manière très concrète, les larmes brûlantes que l’homme verse pour Aba Abdillah, le fait de se vêtir de noir, l’organisation logistique de ces majalis, la récitation de poèmes élégiaques, ou encore le fait de se frapper la poitrine en signe de deuil (Latm). Nos textes vont même jusqu’à encourager ardemment le Tabaki, c’est-à-dire l’effort sincère de feindre les pleurs et d’adopter l’attitude corporelle d’une personne affligée pour celui dont les larmes refuseraient de couler spontanément. L’Imam Al-Sadiq lui-même, lorsqu’il fut interrogé sur les lamentations (Nadb), a précisé avec insistance que le strict minimum requis pour le croyant est de s’écrier « Wa Hussaynah » (Ô mon Hussein) avec une voix brisée et un cœur rempli de douleur et de déchirement.
Il y a un point d’une importance théologique majeure ici : la question du Jaza’. Le Jaza’ désigne un état de chagrin si extrême, si affolé et si bouleversant que l’individu en perd presque le contrôle de lui-même, éclatant en sanglots incontrôlables, en hurlements et en lamentations déchirantes. Dans notre législation islamique stricte, faire preuve de Jaza’ face aux épreuves de la vie quotidienne ou à la perte d’un proche est formellement interdit (Haram) et fermement rejeté. Dieu nous demande habituellement patience et résignation. Pourtant, il existe une exception unique, absolue et vertigineuse dans toute notre jurisprudence : le Jaza’ pour le Maître des Martyrs, l’Imam Hussein. Face à la tragédie incommensurable de Karbala, non seulement cet excès de chagrin perd son caractère illicite, mais il devient une action hautement recommandée et d’une valeur spirituelle inestimable.
Pour bien comprendre la profondeur et la valeur de nos larmes, il faut savoir que nos savants ont minutieusement analysé la nature humaine et ont classifié les pleurs en dix catégories distinctes. Écoutez très attentivement ces dix types de pleurs pour saisir la singularité éclatante du dernier :
- Les pleurs de peur et de crainte : Les larmes que l’on verse par effroi face à une menace imminente, ou par crainte révérencielle de Dieu.
- Les pleurs de tristesse : La réaction humaine naturelle face à la perte ou au deuil d’un objet ou d’un être cher.
- Les pleurs de miséricorde et de compassion : L’émotion puissante qui nous saisit face à la souffrance, aux tourments et aux situations inhumaines vécues par autrui.
- Les pleurs de joie et de bonheur : Ces larmes paradoxales qui débordent lorsque notre cœur ne peut plus contenir une allégresse immense.
- Les pleurs du Jaza’ : L’effondrement émotionnel total face à une calamité insupportable.
- Les pleurs de faiblesse et d’impuissance : Les larmes de frustration de celui qui se sent incapable d’accomplir une tâche ou de surmonter un obstacle.
- Les pleurs de l’hypocrisie : Un stade pathologique où l’individu a tellement perfectionné son hypocrisie qu’il contrôle ses canaux lacrymaux à volonté, pleurant et riant sur commande pour manipuler son entourage.
- Les pleurs « empruntés » : C’est la pratique ancienne des pleureuses professionnelles (Nawa’ih), que l’on engageait pour pleurer sur un défunt qui n’avait personne pour le pleurer.
- Les pleurs de conformité : Le fait d’entrer dans une assemblée, de voir les gens pleurer, et de se mettre à pleurer de manière purement mimétique et inconsciente, sans même savoir de quoi il retourne.
Cependant, au-delà de ces catégories humaines classiques, il existe un dixième type, transcendant : les pleurs pour l’Imam Hussein. Ces pleurs ont une saveur tout à fait unique et incomparable. Pleurer pour Al-Hussein n’est pas une simple réaction physiologique ou émotionnelle ; c’est une véritable ascension spirituelle vers le royaume céleste (Malakut). C’est un processus intime de purification et de raffinement de l’âme humaine. C’est une manière ineffable de s’accrocher fermement à la pureté de la famille du Prophète, d’adopter leurs nobles caractères et de suivre leur voie droite. Lorsque l’homme pleure sur Hussein, il se lamente sur sa propre distance spirituelle, se demandant combien d’efforts il lui reste à fournir pour espérer atteindre le rang sublime des martyrs tombés aux côtés d’Al-Hussein. Nos plus grands savants l’affirment avec force : l’être humain ne peut s’élever et pénétrer dans le monde spirituel du Malakut que par le véhicule de la larme, et il n’y a, dans tout l’univers, aucune larme plus noble, plus puissante et plus efficace que celle versée pour le Maître des Martyrs.
Le Deuxième Niveau : La Renaissance Intellectuelle et Culturelle (Ahya’ al-Amr)
Mais si la forme physique et les larmes sont la porte d’entrée, nous commettrions une grave erreur en nous y arrêtant. Le deuxième niveau, qui transcende la forme, est ce que j’appelle la dimension intellectuelle, cognitive, philosophique et scientifique.
Une célèbre narration rapporte que notre maître, l’Imam Al-Sadiq, a demandé un jour à l’un de ses compagnons, probablement Al-Fadl : « Vous asseyez-vous et discutez-vous entre vous ? ». Le compagnon répondit par l’affirmative. L’Imam a alors prononcé cette phrase magnifique : « Que Dieu fasse miséricorde à celui qui ravive notre cause (Ahya’ amrana) ».
Observez bien la précision chirurgicale de cette expression. L’Imam n’a pas simplement dit « que Dieu vous bénisse pour vos discussions nocturnes » ; il a qualifié cet acte de « renaissance » ou de « vivification ». Pourquoi utiliser le terme de résurrection pour des idées ? Parce que dans nos esprits humains fragiles, de très nombreux concepts peuvent être morts, flous, recouverts du brouillard de l’ignorance ou de la désinformation. C’est précisément en nous asseyant ensemble, en posant des questions exigeantes, en débattant des événements historiques et en sondant la culture des Ahl al-Bayt que ces concepts s’éclaircissent, se nettoient et prennent vie en nous.
Aujourd’hui, nous avons un besoin urgent et vital de cette dimension intellectuelle. Nous faisons face, au sein même de nos communautés, à des personnes qui posent des questions parfois extrêmement basiques sur la tragédie de Karbala. Une des plus grandes bénédictions, l’un des fruits les plus savoureux de nos assemblées, est précisément de diffuser la science, d’ouvrir les esprits à la culture profonde et aux valeurs universelles portées par le Prophète et sa famille. Il est intellectuellement et spirituellement inacceptable que nous, qui nous revendiquons en tant que disciples fervents et amoureux des Ahl al-Bayt, soyons incapables de répondre à des questions fondamentales sur leur propre histoire et leur message.
Ce niveau exige de nous un effort rigoureux. Il exige que nous étudions l’arrière-plan jurisprudentiel et le contexte cognitif de chaque événement de Karbala, afin de développer notre maturité, notre perspicacité (Bassira), notre éveil et notre capacité d’analyse critique. C’est en comprenant les valeurs, l’éthique et la révélation défendues par Hussein que nous atteignons véritablement le stade de « ceux qui ravivent leur cause ».
Le Troisième Niveau : La Vénération par le Cœur et la Transmutation de l’Être (Ta’dheem al-Sha’a’ir)
Nous en arrivons enfin au sommet absolu, le troisième niveau, qui nous ramène directement au verset coranique que j’ai pris soin de réciter au tout début de mon discours : « Et quiconque exalte les injonctions sacrées de Dieu, s’inspire en effet de la piété des cœurs ». Notez avec quelle précision le Coran s’exprime. Il ne parle ni de l’acte physique (le domaine du corps, notre premier niveau) ni de la simple compréhension théorique (le domaine de l’intellect, notre deuxième niveau), mais il pointe spécifiquement vers le cœur. La vénération véritable (le Ta’dheem) réside exclusivement dans le cœur.
Quelle est donc cette différence fondamentale entre la conviction froide de l’esprit et la certitude brûlante du cœur ? Laissez-moi vous donner deux exemples concrets, tirés de notre nature humaine, pour illustrer cet abîme.
Prenez l’exemple de l’aumône. Vous savez intellectuellement, par vos lectures religieuses et les hadiths que vous avez étudiés, que donner la charité (Sadaqah) vous sera rendu au centuple par Dieu. Votre esprit rationnel en est totalement et logiquement convaincu. Pourtant, lorsqu’un mendiant se présente soudainement à vous dans la rue, vous hésitez, vous calculez, ou pire, vous ne donnez absolument rien. Pourquoi cette contradiction flagrante ? Parce que cette conviction est restée misérablement bloquée au stade de l’intellect ; elle n’a jamais pénétré ni irrigué votre cœur. Ce qui dicte le comportement réel de l’homme, ses actes et sa morale au quotidien, ce ne sont jamais ses convictions intellectuelles, mais bien les certitudes viscérales ancrées dans son cœur. L’homme ne marche pas derrière son intellect, il marche derrière son cœur. Quand la certitude descend dans le cœur (Ayn al-Yaqin), donner à ce pauvre devient alors une évidence absolue.
Prenez un second exemple, encore plus frappant et que nos grands savants utilisent fréquemment pour réveiller les consciences. Imaginez que je vous propose de dormir seul, toute une nuit, dans une petite chambre obscure où repose un cadavre, ou que je vous demande d’aller dormir seul au beau milieu d’un cimetière. Votre esprit, nourri de science et de logique, sait pertinemment et avec une certitude absolue que ces corps sont inertes, morts, et qu’ils ne se lèveront pas pour vous faire le moindre mal. C’est une vérité scientifique indiscutable. Et pourtant, malgré cette certitude intellectuelle implacable, vous refuserez catégoriquement d’y passer la nuit. Vous en serez terrifiés. Pourquoi ? Parce que votre cœur, votre for intérieur, refuse cette situation de toutes ses forces. L’être humain, dans sa constitution même, se soumet à ce que son cœur lui dicte, bien plus qu’à la froide logique que son cerveau lui commande.
C’est très exactement cela, le troisième niveau de notre commémoration. La véritable connaissance de la tragédie d’Al-Hussein doit impérativement être une connaissance du cœur. Il ne s’agit plus simplement de brandir des slogans, de lever des bannières, ou de percevoir Karbala comme un simple luxe culturel, une anecdote historique ou un exercice intellectuel réservé à nos assemblées. Il faut que cette tragédie, avec tout son poids de douleur et de noblesse, s’infiltre, se mélange et fusionne avec votre cœur pour déclencher une véritable transmutation de vos comportements.
L’Impact Transformateur : Forger de Véritables Husseinites
Lorsque nous parvenons à atteindre ce niveau supérieur de vénération cardiaque, le résultat observable est d’ordre miraculeux. Aujourd’hui, nous sommes témoins, à travers les places du monde entier, de l’émergence d’individus dont les actions, l’abnégation, le dévouement absolu et la pureté d’âme ressemblent à s’y méprendre aux qualités des propres compagnons de l’Imam Hussein. D’où provient cette élévation morale inouïe ? Soyez certains que cela ne découle pas d’une simple équation intellectuelle. Cela provient d’une connaissance du cœur, née des larmes sincères, du chagrin profond et de la fusion totale de leur identité avec la culture et les valeurs des compagnons d’Al-Hussein. Ils ont atteint un niveau d’immersion tel que Dieu a exaucé leur souhait le plus cher : « Si seulement nous avions été avec vous » ; ils sont désormais, par la pureté de leurs actes, avec Al-Hussein, en tout temps, à chaque époque et en tout lieu.
Un de nos très grands savants a prononcé un jour une phrase terrible, glaçante, mais d’une justesse théologique implacable : « Une Husseiniya [lieu de rassemblement] qui n’arrive pas à produire, à éduquer et à forger de véritables « Husseinites » – c’est-à-dire des personnes qui sont avec Al-Hussein corps et âme, dans l’action comme dans l’esprit – j’autorise sa destruction pure et simple ! ». À quoi bon multiplier les bâtiments et organiser des assemblées tous les jours, si nos cœurs n’en ressortent pas bouleversés et transformés de l’intérieur ?. Notre objectif ne doit pas se limiter à pleurer, à distribuer de la nourriture ou à porter le deuil, même si Dieu récompense grandement ces actes ; notre but est l’assimilation totale au Maître des Martyrs.
Pour conclure sur l’immensité insondable de cet événement, permettez-moi de vous partager l’histoire poignante du grand savant et référence religieuse, Sayyid Abd al-Ala al-Sabzawari (que Dieu lui fasse miséricorde). Ceux qui ont eu l’occasion de voir des photographies de ce grand homme ont tous remarqué un détail singulier : ses paupières étaient lourdes, tombantes, et ses yeux semblaient constamment flétris, épuisés, dénués de toute force. Lorsqu’un de ses proches lui a un jour demandé la raison de cette affaissement inhabituel de ses yeux, le Sayyid a fait une révélation bouleversante. Il a expliqué avoir longuement supplié Dieu de lui accorder, lors d’un dévoilement spirituel intime (Mukashafa), la grâce de visionner une seule scène, un seul instant de ce qui s’est réellement passé à Karbala. Dieu, dans Sa majesté, le lui a accordé. Il a vu, de ses propres yeux spirituels, un court instant de Karbala, une scène qui n’a duré que deux petites minutes. Ce simple et unique aperçu a provoqué un tel cataclysme en lui, remplissant son cœur d’un chagrin si dévastateur pour le restant de ses jours, que chaque fois qu’il rencontrait une difficulté, une angoisse ou un problème terrestre, il se remémorait instantanément cette vision d’horreur et éclatait en sanglots déchirants. C’est ce flot ininterrompu de larmes de chagrin extrême qui, physiquement, a fini par détruire et affaisser ses paupières.
Mes chers frères et sœurs, l’Imam Al-Sadiq nous avertit avec gravité : l’Heure du Jugement dernier arrivera, la fin des temps sonnera, et nous, l’humanité entière, n’aurons toujours pas pleinement saisi ni cerné l’ampleur titanesque de ce qui s’est réellement passé sur la terre de Karbala. La capacité humaine, aussi vaste soit-elle, est tout simplement trop limitée pour pouvoir supporter la totalité des scènes d’horreur et de majesté de cette tragédie. C’est très exactement pour cette raison que la commémoration constante, patiente et inlassable est une nécessité absolue. Nous devons continuer pour approfondir notre culture, pour élargir les horizons de notre compréhension, et pour permettre, goutte à goutte, à l’esprit de Karbala de s’infiltrer dans la moindre de nos actions, dans chacune de nos décisions et dans le moindre de nos comportements.
Je demande humblement à Dieu, le Très-Haut et le Béni, de nous aider, de nous soutenir, vous et moi, pour maintenir ces assemblées en vie et pour nous élever à travers elles. Qu’Il accepte nos œuvres et nos rassemblements de la plus belle et de la plus parfaite des manières, qu’Il place nos efforts, nos larmes et notre dévouement dans la balance de nos bonnes actions le Jour du Jugement, et je demande pardon à Dieu, pour moi comme pour vous.

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