Mes chers frères et sœurs, Dieu nous interpelle dans Son Livre Saint : « Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but (en vain) et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? » . L'absurdité, telle que définie par le Coran, n'est pas une simple distraction ; c'est l'état d'un homme qui vit sans utilité, sans sens, répétant ses jours comme un cycle stérile sans rien bâtir pour son éternité .

Retranscription du sermon du jeudi soir – 6 Chawwal – 26 Mars

La Culture du Bien-être : Comment les Préceptes de la Sourate Al-Kahf Protègent nos Vies

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur de l’univers, et que la paix et les bénédictions les plus pures soient sur le Messager de la miséricorde, Muhammad, ainsi que sur sa famille pure et sainte.

Aujourd’hui, je souhaite m’entretenir avec vous sur un sujet essentiel pour la stabilité de nos vies : les dix interdits pour le bien-être (ou « l’équilibre »), un concept que j’ai puisé au cœur de la Sourate Al-Kahf (La Caverne). En observant le compagnonnage entre Moïse et Al-Khidr, ainsi que les autres récits de cette sourate, nous découvrons des directives qui, si nous les respectons, garantissent une vie sereine et des relations saines. Ces « interdits » sont en réalité des protections pour nos amitiés, nos partenariats et nos interactions sociales, empêchant ces liens de sombrer dans la corruption ou la rupture.

Voici la première partie de ces enseignements, centrée sur les cinq premiers « No » (ou La’at) de la sagesse coranique :

1. Éviter les polémiques stériles (Al-Mira’)

Le Coran nous dit : « Ne discute à leur sujet que d’une discussion apparente » (Sourate Al-Kahf, 22). Le mira’ désigne cette joute verbale où chaque camp cherche obstinément à avoir raison, souvent sans fondement logique ou scientifique. Dans l’histoire des Gens de la Caverne, les gens se disputaient sur leur nombre (étaient-ils trois, cinq ou sept ?). Or, Dieu nous enseigne que l’essentiel n’est pas là, mais dans la leçon de foi et la preuve de la résurrection. Mon conseil est simple : si un conflit concerne des affaires mondaines sans impact sur l’au-delà, ne vous y engagez que de manière superficielle. Ne gaspillez pas votre énergie dans des « débats byzantins » qui ne mènent nulle part.

2. Consulter les véritables experts

La suite du verset 22 nous dit : « et ne consulte personne d’entre eux à leur sujet ». Trop souvent, face à un problème, nous interrogeons ceux qui sont eux-mêmes en plein conflit ou qui n’ont aucune compétence. Un exemple frappant est celui de la vision du croissant lunaire pour l’Aïd : chaque année, les gens se perdent dans des discussions infondées au lieu de se référer aux autorités religieuses et aux règles scientifiques. Pour toute question, revenez aux sources authentiques : le Coran, les récits de la Famille du Prophète (Ahl al-Bayt) et les experts reconnus. Ne tirez pas votre culture des rumeurs des réseaux sociaux, car cela ne relève pas de la culture de la foi.

3. Cultiver la discrétion et le secret (Al-Kitman)

« Et ne dis jamais à propos d’une chose : « Je la ferai sûrement demain » » (Sourate Al-Kahf, 23). Cette règle nous enseigne la prudence et la modestie. L’homme sage ne dévoile pas tous ses projets futurs au grand jour. Comme le disait l’Imam Ali, aidez-vous du secret pour accomplir vos besoins. Pourquoi ? Parce que la divulgation prématurée attire l’envie ou les obstacles inutiles. Le secret du bonheur est de garder son bonheur secret. En exposant vos réussites ou vos richesses, vous risquez d’éveiller la jalousie ou de devenir la cible de personnes malveillantes.

4. S’entourer de piété et éviter la comparaison matérielle

Dieu ordonne : « Fais preuve de patience en compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur… et que tes yeux ne se détachent point d’eux » (Sourate Al-Kahf, 28). L’environnement est votre meilleure protection ; l’homme seul est une proie facile pour le diable. Le danger ici est ce que les psychologues appellent le « cancer de la comparaison ». Si vous passez votre temps à regarder la maison ou les biens d’autrui, vous finirez par glisser vers le péché par le simple regard. Le regard est une porte ouverte : ce que vous voyez crée une image, qui crée un sentiment, qui mène à un comportement. Protégez vos yeux des distractions éphémères de ce monde pour préserver votre cœur.

5. Refuser l’influence des cœurs insouciants

Enfin, la fin du verset 28 nous dit : « et n’obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre rappel et qui poursuit sa passion ». Celui qui oublie Dieu suit nécessairement ses désirs égoïstes. Vous pouvez conseiller ou aider une telle personne, mais ne lui obéissez jamais et ne la prenez pas comme modèle. Un véritable ami est celui qui embellit à vos yeux l’obéissance à Dieu. Au contraire, l’ami le plus dangereux est celui qui rend le péché séduisant et vous encourage dans l’égarement.

En conclusion, ces cinq premiers enseignements nous invitent à la retenue, à la recherche de la compétence, à la discrétion, au choix d’un entourage sain et à la vigilance face aux passions. Que Dieu nous accorde cet équilibre et nous protège. Nous aborderons les cinq autres interdits lors de notre prochaine rencontre.

Que la paix et la miséricorde d’Allah soient sur vous.


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