Retranscription du sermon du 29 Ramadan – 19 Mars

En ces toutes dernières nuits, ces nuits grandioses, spirituelles et profondément bénies qui viennent clôturer notre mois sacré de Ramadan, je m’adresse à vous tous avec un cœur rempli d’espérance et de gravité. Je lève les mains vers le ciel et je prie Dieu, le Très-Haut, pour chacun d’entre nous : que nos œuvres soient acceptées, que nos rangs soient élevés dans la demeure éternelle, et qu’Il nous accorde l’immense et ultime privilège d’être ressuscités et rassemblés avec notre bien-aimé Prophète Muhammad et sa noble famille purifiée, car Il est Celui qui entend et qui exauce. Ce soir, l’heure n’est plus à la superficialité ni à la complaisance. Nous sommes appelés à prolonger, à disséquer et à approfondir, avec une exigence intellectuelle et une acuité spirituelle sans aucun précédent, notre exploration d’un mal absolu, d’un fléau endémique qui ronge les fondations mêmes de l’humanité et le cœur de notre religion : le fléau destructeur du Zulm, l’injustice.

Le Théorème Divin : L’Injustice comme Moteur Exclusif de l’Anéantissement

Le socle absolu et inébranlable de notre méditation de cette nuit repose sur un verset coranique d’une limpidité à la fois magnifique et terrifiante, qui n’établit pas une simple recommandation morale, mais une véritable loi cosmique et historique incontournable. Dieu, dans Sa majesté, déclare dans Son Livre au jugement parfait : « Ton Seigneur n’est point tel à détruire injustement des cités dont les habitants sont des réformateurs ». Ce texte sacré pose devant nous une équation mathématique divine, une règle implacable qui a scellé et qui continuera de sceller le destin des nations à travers les âges. Il nous enseigne de manière irrévocable que la destruction, l’anéantissement total et la ruine absolue, est le point d’arrivée inévitable de toute société, de tout État, de toute communauté qui se laisse submerger par ses propres injustices, par ses transgressions, par ses abus de pouvoir et par son iniquité.

Cependant, la miséricorde infinie de Dieu a inséré une clause salvatrice dans cette équation redoutable. Le Coran nous laisse entendre qu’il est dans la nature même de l’évolution des sociétés humaines d’être, à un moment ou à un autre, touchées ou effleurées par le fléau de l’injustice. Mais si, au milieu de ces ténèbres grandissantes, un groupe d’hommes et de femmes se dresse héroïquement pour résister, pour réformer et pour s’opposer frontalement à cette oppression, alors Dieu lève le châtiment et écarte l’anéantissement de cette communauté. L’équation est donc foudroyante de clarté : si l’injustice domine un peuple et que personne ne se lève pour s’y opposer, l’anéantissement est une certitude absolue, tandis que si un rempart humain se dresse contre la tyrannie, le salut devient possible. C’est là le sens apparent, manifeste et éclatant de la parole divine que nous devons méditer.

Il est d’une importance vitale de saisir la précision chirurgicale et la profondeur théologique de cette règle divine. Le critère fondamental qui déclenche le cataclysme et la destruction des peuples n’est pas de nature purement dogmatique ou rituelle. Ce n’est pas le simple manque de foi, ni la mécréance (Kufr), et ce n’est pas non plus le péché de la chair ou la désobéissance morale (Fisq). La véritable valeur, le joyau conceptuel de ce verset, est de nous enseigner que le critère exclusif de l’éradication d’une société, c’est l’injustice (Zulm).

Mesurez bien la gravité de ce basculement de perspective ! Une société peut être intégralement peuplée de croyants, d’hommes et de femmes qui affichent leur foi, mais si la mécanique de leur existence collective, si la succession de leurs jours les conduit à pratiquer l’injustice, Dieu anéantira cette société de croyants. À l’extrême inverse, prenez le cas d’un dirigeant humain qui ne partage pas notre foi, qui n’est pas un croyant au sens religieux du terme ; si, dans l’exercice de son pouvoir temporel, cet homme se montre rigoureusement juste et équitable dans ses jugements envers ses citoyens, la loi divine de la destruction et du châtiment collectif ne s’appliquera pas à sa nation. C’est le titre de « despote », c’est l’étiquette d’« injuste » qui déclenche la colère cosmique et scelle la survie ou la mort des sociétés.

Le Coran illustre cette règle implacable à travers le récit tragique de Pharaon et des civilisations qui l’ont précédé. Le Livre sacré ne justifie pas leur noyade cataclysmique uniquement par leur refus de croire aux signes, il précise de manière fulgurante et définitive : « tous étaient des injustes ». Et lorsqu’il peint le paysage post-apocalyptique de leur anéantissement dans ce monde terrestre, le Coran déclare : « Voilà donc leurs maisons désertes à cause de leurs injustices ». Le châtiment s’est abattu et n’a laissé derrière lui que des ruines vides, précisément à cause de leurs abus iniques. La destruction liée à l’injustice est une véritable règle coranique, une Sunnah (tradition) divine qui frappe toute société où l’oppression s’érige en système sans rencontrer la moindre résistance.

Cette fatalité de l’injustice est si inhérente à notre condition charnelle que les Anges eux-mêmes l’avaient prophétisée avec effroi dès le tout premier jour de l’apparition de l’être humain, sachant pertinemment que ce mal allait s’abattre et balayer notre humanité. Mais si l’injustice terrestre apporte la ruine des civilisations ici-bas, son châtiment dans l’Au-delà est d’une horreur vertigineuse. Le Coran affirme avec force que si chaque âme injuste possédait absolument tout ce qui se trouve sur la surface de la terre, elle l’offrirait sans la moindre hésitation en rançon pour échapper aux tourments, lorsqu’elle constatera de ses propres yeux l’ampleur effroyable du jugement rendu en toute équité. N’oublions jamais cette vérité fondamentale de notre dogme : si le polythéisme (Shirk) est le pire des péchés, c’est parce que le Coran le définit à travers ce prisme exact en disant que « le polythéisme est une immense injustice ».

La Fascination Maladive pour la Tyrannie et la Voie Lumineuse de l’Imam Ali

Il existe une maladie psychologique et spirituelle profonde dans notre époque, une distorsion morbide de notre regard. Face à un dirigeant qui écrase les faibles, face à un homme ou un État profondément injuste, nous avons pris l’habitude détestable de confondre l’oppression avec le génie, la grandeur et le triomphe. Nous observons le tyran imposer sa volonté mondiale par la force de frappe, par son intelligence politique, par son armement et par sa position dominante, et nous nous surprenons à dire, fascinés : « Regardez son habileté, sa puissance, son intelligence ! ». Nous nous laissons hypnotiser par cette illusion de puissance et par ce statut écrasant à travers le monde.

Mais réveillons-nous de cette torpeur spirituelle ! L’injustice est, de manière incontestable, la caractéristique la plus laide, la plus vile, la plus abjecte et la plus répugnante dont une âme humaine puisse se revêtir. C’est la pire des épithètes, celle qui garantit la perdition absolue dans les deux mondes et qui a été le plus souvent associée à la notion de destruction mortelle dans les hadiths et les traditions religieuses.

Pour évaluer le degré de pureté, de perfection et de sensibilité absolue que nous devons tous cultiver face à l’injustice, levons les yeux vers la figure magistrale et vertigineuse de l’Émir des croyants, Ali ibn Abi Talib. Écoutez ses mots d’une intensité rare, laissez-les résonner au plus profond de vos âmes pour comprendre ce qu’est la véritable horreur du Zulm : « Par Dieu, si l’on me donnait les sept cieux et les sept terres pour que je désobéisse à Dieu en arrachant à une fourmi l’enveloppe d’un grain d’orge, je ne le ferais pas ! ».

Pourquoi l’Imam Ali, maître de l’éloquence, choisit-il une allégorie d’une telle minutie microscopique ?. Il aurait pu jurer de ne pas massacrer des innocents, de ne pas piller les trésors des empires. Mais non, il parle d’une fourmi et de la simple cosse d’un grain d’orge, des choses si infimes et si insignifiantes que nous les écrasons sous nos semelles chaque jour dans l’indifférence la plus totale. L’objectif d’Ali n’est pas uniquement de nous éblouir par son immense piété personnelle, mais de graver en nous une sensibilité épidermique, viscérale et extrême face à l’injustice. Il nous enseigne que la moindre injustice, l’acte le plus infinitésimal de spoliation, porte en lui des conséquences spirituelles dévastatrices, des conséquences si lourdes qu’elles pèsent plus lourdement que les sept cieux.

Regardez vos propres existences au quotidien : une simple injustice commise au sein de votre foyer, une pratique inéquitable ou une parole blessante, même d’une apparente simplicité, envers votre enfant, un membre de votre famille ou un ami proche, ne s’efface jamais facilement de la mémoire. C’est une blessure qui persiste, un sujet de douleur qui reste atrocement vivant des années durant, refusant de mourir, et qui nous prouve de manière flagrante que l’injustice, même la plus ordinaire et la plus intime, est l’une des caractéristiques les plus haïssables, car elle détruit les liens et laisse des cicatrices que le temps peine à refermer.

Le Testament Sanglant de Karbala : La Défense Absolue du Vulnérable

Cette hypersensibilité à l’oppression n’est pas qu’une abstraction philosophique enseignée dans les livres de morale ; c’est un héritage spirituel lourd, transmis dans le sang, les larmes et la tragédie indicible de notre histoire sainte. L’Imam Al-Baqir nous rapporte une scène poignante, une scène qui devrait faire frémir chaque cœur doté d’un atome de conscience. Il raconte qu’au moment où l’agonie et l’ombre de la mort planaient sur son père bien-aimé, l’Imam Al-Sajjad, ce dernier l’a attiré vers lui, l’a serré puissamment contre sa poitrine dans une ultime étreinte et lui a murmuré le secret suprême de leur lignée. Il lui a dit avec la force des mourants : « Je te recommande ce que mon père m’a recommandé au moment où la mort s’est présentée à lui : Prends garde à ne jamais opprimer celui qui ne trouve d’autre protecteur contre toi que Dieu ! ».

Prenez un long instant de recueillement pour réaliser l’ampleur écrasante et dramatique de cette chaîne de transmission. Qui était le père de l’Imam Al-Sajjad ? Nul autre que l’Imam Al-Hussein. Et à quel endroit, dans quel contexte apocalyptique l’Imam Al-Hussein a-t-il pu glisser cette recommandation suprême à son fils avant de rendre son dernier souffle ? Sur la terre brûlante et ensanglantée de Karbala !. C’est le testament même de Karbala.. Ce sont les mots sacrés et prophétiques de Hussein transmis à Sajjad au cœur absolu du massacre et de la désolation.

La psychologie humaine, hélas, est souvent empreinte d’un profond opportunisme et d’une grande lâcheté. Face à un homme fort, puissant, protégé, qui ne se laisse pas faire, nous nous gardons bien de lever la main ou de commettre un abus. Mais face à un être affaibli, ciblé de toutes parts, démuni, vulnérable et incapable de se défendre, la tentation de l’écraser devient vertigineuse, car l’agression nous semble d’une facilité déconcertante et sans conséquence terrestre. Pourtant, c’est précisément là que réside le danger absolu et la ligne rouge divine infranchissable : Dieu Lui-même, dans Sa transcendance, ne pourra jamais cautionner ni accepter qu’un être vulnérable soit broyé par un plus fort. C’est le Créateur de l’univers en personne qui se portera garant, qui deviendra le défenseur exclusif et le vengeur implacable de cet opprimé isolé.

L’Avilissement du Silence et le Piège Fatal du « Rukoun »

Comprenez que la beauté suprême de l’existence humaine, ce qui confère à notre vie terrestre sa véritable dignité, sa grandeur et son essence spirituelle, c’est de jouer un rôle concret et courageux pour porter secours aux victimes et aux opprimés. À l’inverse, existe-t-il un état plus misérable, plus dégradant et plus abject que de voir défiler sous nos yeux, jour après jour, des centaines de millions d’images d’injustice à travers notre planète, et de rester de marbre, fuyant nos responsabilités ?.

Celui qui contemple la tragédie des peuples et qui se dit intérieurement : « Cela ne me regarde pas, je ne suis pas concerné, je suis bien au chaud dans ma maison, ce n’est pas mon affaire », cet homme-là devrait ressentir un immense vertige d’avilissement et de petitesse. Quelle est la valeur d’un être humain qui assiste à la souffrance absolue sans la moindre palpitation, sans formuler la moindre opinion, sans l’ombre d’une réaction digne de ce nom ?. C’est un homme dont la volonté est confisquée, dont la liberté et la dignité ont été arrachées, un être devenu minuscule, vidé de sa substance, qui n’est même plus maître de sa propre conscience.

Aujourd’hui, ouvrez les yeux sur le monde contemporain qui nous entoure : nous sommes entrés dans une ère terrifiante où la norme mondiale, la caractéristique dominante de notre ciel, est de se rallier sans vergogne à l’oppresseur, de justifier intellectuellement l’agresseur et de criminaliser ou d’accuser systématiquement la victime !. Nous voyons s’accomplir en direct, sous nos yeux impuissants, la sinistre prophétie eschatologique annonçant que la terre serait « remplie d’injustice et d’iniquité ». Si, face à une situation même banale où un de nos frères se fait broyer par l’injustice, nous gardons un silence lâche, si nous ne posons aucune question, si nous n’exprimons aucune opinion ni aucune condamnation, quelle est la véritable valeur de notre religion ?. Quelle est l’utilité d’une foi, d’une piété de façade, si elle est radicalement incapable de se traduire par une dimension pratique et salvatrice sur le champ de bataille de la souffrance humaine et de la défense des opprimés ?.

Le Coran nous lance, à ce sujet précis, un avertissement d’une sévérité absolue et brûlante : « Ne vous penchez pas vers ceux qui sont injustes, sinon le Feu vous atteindra ». Les plus grands exégètes se sont longuement arrêtés sur ce terme si spécifique utilisé par le Coran : le Rukoun (se pencher vers, s’incliner, s’appuyer). Comprenez bien la subtilité de cette condamnation : le Rukoun, ce n’est pas le fait d’aller prêter main-forte à l’oppresseur, ce n’est pas de le suivre aveuglément ni de prendre les armes pour combattre activement dans ses rangs sanguinaires. Non, le Rukoun, c’est l’acte de s’appuyer sur lui, de s’accommoder de sa présence étouffante, de chercher refuge, protection ou stabilité auprès de lui, de le tolérer comme une évidence sans jamais le remettre en question. C’est le degré minimal, la forme la plus élémentaire et la plus passive de la complicité silencieuse, et la justice divine estime que ce simple accommodement suffit amplement pour que les flammes de l’Enfer nous consument. Et le véritable drame existentiel, c’est que nous tous, qui nous revendiquons comme des croyants sincères, nous tombons perpétuellement dans ce piège subtil. Nous préservons notre rituel religieux tout en laissant l’injustice, les confiscations, les exactions et les spoliations pulluler autour de nous sans jamais élever la voix. C’est pour contrer cette apathie mortifère que nous implorons Dieu avec ferveur dans l’invocation du Pacte (Du’a Al-Ahad) : « Ô Mon Dieu, fais de lui [l’Imam Mahdi] un refuge pour Tes serviteurs opprimés, et un secoureur pour celui qui ne trouve d’autre protecteur que Toi ».

Le Véritable Clivage de la Fin des Temps : L’Humanité Fracturée

Si nous analysons avec une véritable clairvoyance les textes sacrés et le climat spirituel des récits prophétiques concernant la fin des temps (Akhir al-Zaman), une vérité fulgurante s’impose à nous, balayant toutes nos certitudes construites : le grand clivage qui fracturera définitivement l’humanité ne sera en aucun cas de nature théologique ou dogmatique.

La véritable ligne de démarcation de la fin des temps ne passera pas simplement entre la foi et la mécréance à un stade primitif. Elle ne se dessinera absolument pas sur des bases identitaires ou sectaires entre Musulmans, Chrétiens, Sunnites, Chiites ou Druzes. L’unique et ultime division de l’humanité à la fin des temps sera exclusivement celle qui sépare les Oppresseurs et leurs complices des Opprimés et de leurs défenseurs.

Vous verrez des croyants, des personnes issues de nos propres rangs, des musulmans, s’aligner docilement derrière les tyrans pour préserver leurs intérêts et combattre la justice. Et, de manière éblouissante, vous verrez des hommes et des femmes de toutes les confessions du monde, issus de toutes les traditions religieuses, unis par un même rejet viscéral et instinctif de l’injustice, se dresser héroïquement pour défendre les faibles. Car l’hostilité enragée envers le bourreau et l’assistance inconditionnelle à la victime sont des valeurs universelles, gravées dans la conscience de toute l’humanité, qui transcendent radicalement tous les dogmes et toutes les appartenances sectaires.

C’est pour cette raison exacte, profonde et mystique, que l’Imam Al-Mahdi n’apparaîtra que lorsque cette polarisation sera devenue la norme absolue, lorsque la planète entière étouffera sous la victoire insolente de la tyrannie et que le triomphe de l’injustice sur les opprimés atteindra son paroxysme mondial. Aujourd’hui, l’ordre du monde est devenu fou, totalement inversé : si un despote sévit quelque part et cherche des soutiens pour son oppression, le monde entier se mobilise, toutes les puissances s’unissent pour l’armer et l’applaudir. Mais si un peuple tout entier est massacré, exproprié, et supplie à cor et à cri qu’on lui vienne en aide, il ne récolte que l’isolement total et le silence glacial, complice et terrifiant de la communauté internationale. L’humanité est saturée d’injustice jusqu’à l’extrême limite.

Le Serment de Fer de l’Imam Ali et Notre Impératif Quotidien

Face à ces immenses ténèbres qui menacent d’engloutir la vérité, notre unique planche de salut, la seule et unique voie qui puisse nous apporter la véritable paix de l’âme, la beauté spirituelle, la dignité humaine et la cohérence intérieure, c’est d’embrasser l’ordre formel, testamentaire et catégorique laissé par l’Émir des croyants à ses fils Hassan et Hussein : « Soyez l’adversaire acharné de l’oppresseur et le soutien indéfectible de l’opprimé ».

Regardez l’intransigeance absolue, foudroyante et majestueuse de l’Imam Ali. Dès l’instant où il a assumé la lourde charge du califat, il a porté son regard perçant sur les despotes et les notables qui avaient éhontément pillé les richesses publiques et le trésor des musulmans avant son arrivée au pouvoir. Il n’a cherché aucun compromis politique lâche, il a prononcé ce serment terrible devant l’histoire : « Je rendrai justice à l’opprimé, et je conduirai l’oppresseur par l’anneau de son nez (par la force et la contrainte, comme on mène une bête soumise), jusqu’à ce que je l’amène à la source de la vérité, même s’il y répugne profondément ! ». Ali a refusé d’effacer les ardoises du passé ; il a juré d’appliquer cette justice implacable pour restituer les droits volés par les gouvernements précédents, prouvant que le temps n’efface jamais le crime de l’injustice.

Cette noblesse d’âme, cette fermeté inébranlable et inflexible face à l’injustice doit devenir le pilier central de notre existence. En ces nuits intenses d’introspection spirituelle, il est de notre devoir absolu et non négociable de scruter nos propres vies au microscope et d’y traquer la moindre parcelle, la moindre trace, de l’injustice la plus infime à la plus vaste. Nous devons identifier et extirper l’injustice à la racine, à tous les strates de notre existence : à l’intérieur de nos foyers, dans l’intimité de notre famille, au sein de nos groupes d’amis, dans les dynamiques de notre société, ainsi que face aux politiques, aux identités et aux dérives de notre État.

Nous ne pouvons absolument plus nous permettre le luxe mortel d’être des spectateurs passifs et silencieux ; nous devons devenir des acteurs vivants, influents, des boucliers ardents dédiés corps et âme à la défense des démunis et des opprimés. C’est uniquement par cet engagement radical, par cette purification de nos actions dans la lutte contre l’injustice, que nous pourrons espérer nous tenir debout devant Dieu, au Jour du Jugement, en parfaite sécurité, sauvés du mauvais calcul et épargnés du châtiment atrocement douloureux.

Je lève les mains vers le ciel en cette nuit sacrée et je supplie Dieu, exalté soit-Il, de nous accorder l’intelligence spirituelle d’être de ceux qui écoutent attentivement la parole et s’empressent d’en suivre la voie la plus pure. Je L’implore de nous accorder la fermeté inébranlable, le courage et la constance sur ce chemin extraordinairement exigeant, afin que l’heure inéluctable de notre mort ne sonne qu’une fois que nous serons enveloppés de Sa pleine et entière satisfaction.

Que Dieu accepte nos œuvres ainsi que les vôtres, qu’Il les purifie de toute hypocrisie. Je demande pardon à Dieu, pour moi-même et pour vous tous. Que la paix de Dieu, Sa miséricorde enveloppante et Ses bénédictions pleuvent sur vous, et que Ses prières accompagnent éternellement Muhammad et sa sainte famille.