Mardi Coranique du 03 Mars

Salam les Chefs et les Cheftaines !
Voici le récap du Mardi Coranique pour celles et ceux qui n’ont pas pu venir, vous trouverez le cours de Chef Haydar sur la Basmallah et celui de Chef Rami sur les Bani Isra’il, bonne lecture et n’hésitez pas à mettre vos remarques en commentaire en bas de la page, c’est anonyme !


La Basmallah

Nous allons puiser dans des sources fondamentales, notamment les Tafsirs (comme ceux de Tabatabai), et nous plonger dans les règles de grammaire de base de la langue arabe, en allant chercher à la racine même des mots.

Avant d’entrer dans l’exégèse d’un verset, il faut impérativement comprendre quelle est la place du Tafsir et comment nous pouvons communiquer avec le Livre d’Allah. Allah nous donne les clés de cette compréhension dans le Coran lui-même, à travers quatre niveaux d’interaction.

1. Le Tartil (ترتيل – La récitation soignée)

وَرَتِّلِ الْقُرْآنَ تَرْتِيلًا (Al-Muzzammil, 73:4)

C’est la première étape, une condition sine qua non : la récitation lente, en prenant le temps de comprendre les paroles que l’on prononce. Quand on fait le tartil, si l’on lit par exemple le verset « Dieu est la lumière des cieux et de la terre », on peut ressentir physiquement ou spirituellement cette lumière entrer en soi, mais notre interaction s’arrête au stade de la récitation pure.

2. Le Tadabbur (تدبر – La méditation)

كِتَابٌ أَنزَلْنَاهُ إِلَيْكَ مُبَارَكٌ لِّيَدَّبَّرُوا آيَاتِهِ (Sad, 38:29)

Une fois le tartil acquis, les portes du tadabbur s’ouvrent. Ici, il n’y a pas de vérité unique ou de sens forcé ; c’est la façon dont le texte résonne intimement dans votre cœur. Le tadabbur de chacun est unique.
Prenons l’exemple de la Lumière (Nour – نور) :

  • Face à ce verset, une personne se rappellera ses moments de solitude dans les ténèbres et réalisera que si elle se sent seule, c’est parce qu’il lui manque l’unique véritable lumière dans sa vie : Allah.
  • Une autre personne réalisera qu’elle ouvre les yeux, touche, et interagit avec le monde chaque jour grâce à Allah, sans même en avoir conscience.
  • Une autre encore contemplera le soleil en se disant : « Tu as beau être la chose la plus incroyable et puissante sur terre, tu n’es qu’une pâle copie. La seule vraie lumière, c’est Allah ».
  • La subtilité de la Lumière : En y réfléchissant ensemble, quelle est la spécificité même d’une lumière ? Elle éclaire et montre l’existence de l’autre, mais elle n’a besoin de rien pour être montrée.
    C’est l’exacte définition d’Allah : Il montre l’existence de toute chose, mais n’a besoin d’aucune chose pour exister et être rendu évident.

3. Le Tafsir (تفسير – L’exégèse et l’explication)

إِنَّا أَنزَلْنَاهُ قُرْآنًا عَرَبِيًّا لَّعَلَّكُمْ تَعْقِلُونَ (Yusuf, 12:2)

Lorsqu’on atteint ce niveau de méditation, on peut s’attarer au tafsir, l’explication savante. L’arabe du Coran a apporté une nouvelle langue arabe, d’une richesse inouïe, à tel point que les orientalistes nous critiquent parfois en croyant, à tort, qu’elle a emprunté à de multiples langues. Le tafsir s’appuie sur plusieurs piliers fondamentaux :

  1. Le Coran expliqué par le Coran : Pour comprendre un mot, comme Imam (إمام), cherchez toutes ses occurrences dans le texte pour en déduire sa véritable essence selon Allah, qui peut être très différente de ce qu’on imagine.
  2. L’étymologie et la grammaire : Revenir à l’origine profonde des mots arabes.
  3. Les Hadiths des Imams : Ils sont le « Coran parlant » qui nous donne les clés pour comprendre le « Coran muet ».
  4. L’appropriation intime : Il ne faut pas lire le Coran comme un simple livre, mais comme mon Coran. Il faut le vivre comme s’il était descendu spécifiquement pour soi.

4. Le Ta’wil (تأويل – L’interprétation ésotérique)

C’est le sommet, l’interprétation purement spirituelle. Contrairement aux autres étapes, il n’y a pas de flèche directe qui y mène. C’est une aventure spirituelle, une transcendance divine. Seul un gnostique ayant atteint un certain niveau peut avoir accès à ces révélations profondes, bien que les Imams nous en donnent des aperçus éclatants.


Application Magistrale : Le Tafsir de la Basmala (البسملة)

Appliquons maintenant ces règles à la sourate d’ouverture (Al-Fatiha – الفاتحة), et plus particulièrement à son verset introductif : Bismillāhi r-raḥmāni r-raḥīm (بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ). Le Prophète a dit que toute affaire qui ne commence pas par la Basmala reste incomplète, comme s’il te manquait un membre pour avancer.

Au premier niveau de réflexion, un auteur qui écrit un livre commence toujours par le signer de son nom. Le simple fait que ce Coran soit la propriété certifiée et la parole d’Allah est déjà un immense miracle.

Mais allons plus loin, plongeons dans la grammaire et l’étymologie du mot Bismi (بِسْمِ). En réalité, ce n’est pas un seul mot. C’est la contraction d’une préposition, Bi (بِ), et d’un nom, Ism (إِسْم).

L’étymologie du mot Ism (إِسْم – Nom) : Il possède deux origines étymologiques en arabe, qui nous offrent deux méditations (tadabbur) fabuleusement différentes :

  1. Wasm (وسم) : Qui signifie le signe, la marque, le tampon ou la signature. Dans ce sens, je commence ma lecture sous l’autorité d’Allah ; ce livre est marqué par Son sceau indélébile.
  2. Sumuw (سمو) : Qui signifie l’élévation. Dans ce sens, dès que j’ouvre le Livre, je le fais par le nom élevé d’Allah, ce qui me place dans une posture de profonde humilité face à Sa grandeur.

La puissance de la préposition Bi (بِ – Par / Avec) : On traduit souvent cela, à tort, par « Au nom de Dieu » (ce qui nous mettrait quasiment à Sa place) ou « À l’aide de Dieu ». La véritable traduction est « Par le nom de Dieu ». C’est comme dire : « Je vois par mes yeux » ou « Je marche par mes pieds ». Si tu les coupes, tu ne peux plus rien faire. Tout s’accomplit exclusivement par Lui.

Mais c’est ici qu’intervient le miracle grammatical : le Bismillah commence par une préposition (Harf Jarr – حرف جر), mais il n’y a aucun verbe avant !. Dire « Par mes mains » ou « Par mes yeux » n’a aucun sens grammatical s’il n’y a pas de verbe qui précède. Quelles immenses leçons (tadabbur) devons-nous en tirer en ouvrant le Coran ?

  1. L’omniprésence de l’action divine : L’absence de verbe signifie que tout ce que je vais faire avec ce Coran (lire, comprendre, agir), de A à Z, de près ou de loin, ne peut se faire que par le nom d’Allah.
  2. L’antériorité absolue d’Allah (الأولية) : Rien ne précède la Basmala. Cela nous enseigne que rien n’a existé avant Dieu. Toute chose qui essaierait de se mettre avant Lui dans le temps ou dans la puissance est inexistante. Aucune réalité ne peut exister avant qu’Allah, par Sa volonté, ne lui donne une réalité.
  3. L’effacement total de l’Ego (Fanaa – فناء) : C’est la leçon la plus bouleversante. Quand vous ouvrez le Coran et commencez directement par « Par le nom de Dieu », sans dire « Je lis » ou « Je fais », vous vous effacez vous-même. Dès la toute première lettre, vous déclarez : « Ce n’est pas moi qui agis. J’enlève mon ego. Moi, je ne suis rien, il n’y a que Lui qui compte ».

Ensuite, juste après, nous lisons Rabb al-‘Alamin (رَبِّ الْعَالَمِينَ – Le Seigneur des mondes). Le « Seigneur » (Rabb – رَبّ), c’est palpable et concret, c’est Celui qui s’occupe de tout sur le terrain. Réaliser qu’une entité d’une majesté aussi colossale qu’Allah te donne personnellement l’autorisation d’ouvrir Son livre amène une vague d’humilité indescriptible.

La Guidance (Hidayah – هداية)

Pour clore cette analyse, utilisons la règle du « Coran expliqué par le Coran ». Comment le Coran définit-il sa propre mission ? Il dit qu’il est une lumière et un livre évident, venu d’Allah, pour guider vers les chemins de la paix et de la sérénité (Salam – سلام).

Puisque la mission ultime du Coran est la guidance (Hidayah), et que le Coran s’ouvre sur « Par le nom d’Allah » (بِسْمِ ٱللَّٰهِ), cela nous révèle un secret de vie fondamental : Toute guidance, tout chemin vers le salut, n’est possible QUE par le nom d’Allah. Si, dans ta vie de tous les jours, tu n’arrives pas à t’en sortir, à trouver ton chemin, c’est le moment de te demander si le nom de Dieu impacte véritablement tes actions.

Nous avons fait jaillir cet océan de sagesse uniquement à partir de la toute première lettre du Coran, et encore, ce n’est qu’une infime goutte de ce qu’il y a à découvrir.


Les Bani Isra’il

Le cours a consisté en un Kahoot avec une mise en scène théâtrale pour clôturer le cours.

Les Bani Isra’il

Retour sur le mardi coranique du 3 Mars

1 / 9

  1. Dieu ordonne Bani Israil de sacrifier une vache. Pourquoi ?

2 / 9

Quel prophète est venu confirmer la Torah tout en rendant licite certaines choses qui étaient interdites ?

3 / 9

Quel roi Dieu a-t-il choisi pour eux après Moussa malgré leurs critiques ?

4 / 9

Qu’est-il arrivé à ceux qui se sont entêtés à pêcher le jour du Sabbat (samedi) selon la sourate Al-Araf ?

5 / 9

Qui est le personnage qui a fabriqué le veau d’or pour égarer le peuple en l’absence de Moussa ?

6 / 9

Quel miracle spécifique a été accordé à Bani Israël pour les nourrir durant l’errance dans le désert ?

7 / 9

Quel est le premier engagement (Mithaq) cité dans la sourate Al-Baqarah ?

8 / 9

Combien de chefs Dieu a-t-il suscité parmi les Bani Israël selon la sourate Al-Ma’ida ?

9 / 9

Pourquoi Bani Israël ont-ils été condamnés à errer 40 ans dans le désert ?

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La mise en scène en question 👀 👇🏼:



Commentaires

3 réponses à “Mardi Coranique du 03 Mars”

  1. Avatar de Zulfikar313
    Zulfikar313

    Vous êtes trop forts

  2. Avatar de Shia94

    Le Pôle Management du Numérique c’est vraiment le meilleur pôle 🤩

  3. Avatar de Mohamed Farhat
    Mohamed Farhat

    Enorme, merci mille fois !

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